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Essaouira l’ensorceleuse

8 août 2002 - 08h05 - Maroc

Depuis décembre dernier, Essaouira, petite ville portuaire du Maroc, compte parmi les heureuses élues au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Enserrée dans ses murailles ocres, la Médina est un exemple, il est vrai unique, d’architecture ; une architecture modelée par des siècles d’Histoire.
Fondée par les Phéniciens au VIIè siècle, la ville actuelle date de 1765, année au cours de laquelle le Sultan Mohammed Ben Abdallah décide de construire le port de référence de toute la côte Atlantique : Essaouira deviendra par son importance le port de Tombouctou et celui de Marrakech. Le sultan confie l’architecture de la ville à un Français : Théodore Cornut, qui donne à la ville son aspect ordonné actuel, et les murailles à la Vauban. (Essaouira signifie "la bien dessinée").
Mais à l’intérieur de chaque quartier ainsi délimité, les espaces s’organisent.
C’est ce que découvrent les élèves du lycée de la ville, invités à revisiter leur cité tout à coup mondialement célèbre. Avec eux, nous apprenons ce qui a modelé Essaouira : les différentes tribus qui l’ont peuplée, les différentes religions qui ont toujours pacifiquement cohabité. Le patrimoine mondial récompense donc aussi les valeurs humanistes qui ont survécu ici.
Sur place, la notion de patrimoine est encore assez neuve. Mais la mobilisation est plus que jamais générale : car il ne suffit pas de décrocher le "titre", encore faut-il le conserver. Chaque année, ce statut peut en effet être annulé par l’UNESCO. Cela n’est encore jamais arrivé, mais le risque est bien présent à la pensée du Délégué général à la Culture et de l’architecte des monuments historiques d’Essaouira. Ensemble, ils passent une bonne partie de leur temps en tournées d’inspection à travers la médina : il s’agit d’empêcher les travaux clandestins qui menacent l’architecture originale de la médina (constructions surélevées, matériaux inadaptés etc.).
A quelques kilomètres de là, des femmes veillent sur la quatrième richesse d’Essaouira : après la pêche, après l’artisanat, après le tourisme, l’arganier est l’arbre roi. Il ne pousse qu’ici à l’état sauvage, et produit une huile rare qui représente une économie locale vitale.
Youssef, lui, est né ici. A 28 ans, il traque aujourd’hui par la photographie les visages et les scènes de sa ville. En attendant de pouvoir vivre de son art, il est gardien de nuit dans un hôtel tenu par des Français. Car ils sont nombreux, les Français venus ici réaliser leur rêve : celui de travailler dans des maisons restaurées par leurs soins et qui ressemblent à des palais à échelle humaine : c’est le cas de Philippe et Nathalie, ou de Stéphan et Frédérique.
Marocains ou Français, les habitants d’Essaouira sont aujourd’hui les gardiens d’une richesse qui va au-delà des remparts de la ville, puisqu’il est reconnu patrimoine mondial.

Journaliste : Isabelle THOMAS
Production : France3

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