
Quatre cents personnes étaient présentes dimanche 6 juillet à Murcie pour dénoncer la campagne menée contre les immigrés marocains. Le ministre de l’Intérieur espagnol, est attendu au Parlement pour fournir des explications.

Quelque cent personnes ont manifesté vendredi sur le littoral méditerranéen face l’îlot Perejil, dont le statut avait été à l’origine en 2002 d’une grave crise entre le Maroc et l’Espagne.

Le Maroc ne décolère pas depuis la confirmation de la visite, lundi et mardi, du roi d’Espagne Juan Carlos dans les enclaves de Sebta et Melilla. Le royaume chérifien assimile ce déplacement à une provocation et certains responsables politiques du pays prédisent un durcissement des relations entre Rabat et Madrid.

Le président français Jacques Chirac a suggéré à José Maria Aznar, lors de la crise de l’îlot Perejil en 2002, de livrer au Maroc les enclaves de Sebta et Melilla, selon l’ancien chef du gouvernement espagnol cité par le journaliste Ignacio Cembrero.

Le ministre espagnol de la Défense, José Bono, a critiqué la politique adoptée par l’ancien gouvernement espagnol présidé par José maria Aznar en ce qui concerne les relations avec le Maroc. Selon le ministre espagnol, l’invasion de l’îlot marocain par l’armée espagnole décidée par Aznar en juillet 2002 était un acte exagéré "qui a eu de mauvaises conséquences que nous sommes, heureusement, en train de surmonter".

En juillet 2002, une mini-guerre avait failli éclater entre le Maroc et l’Espagne après que des gendarmes chérifiens aient occupé l’îlot de Perejil/Leila, théoriquement sous souveraineté ibérique. Il avait fallu l’intervention, pas moins, du Secrétaire d’Etat américain Colin Powell pour dénier cette crise. Rabat rêve toujours de récupérer les présides de Sebta et Melilla et leurs dépendances cependant que Madrid entend bien demeurer la seule puissance à avoir encore des enclaves coloniales en Afrique continentale.

Alors que ses contacts avec la presse ont été très rares depuis son accession au pouvoir en 1999, Mohammed VI du Maroc a saisi l’occasion d’une visite royale, celle que doit lui rendre Juan Carlos d’Espagne à partir de lundi, pour afficher, dans une longue interview publiée dimanche 16 janvier, son autorité et ses prérogatives de monarque quasi-absolu sur tous les grands dossiers du royaume.

Le roi d’Espagne Juan Carlos se rend au Maroc du 17 au 19 janvier en visite d’Etat pour aposer son sceau à la normalisation des relations entre les deux pays, après la crise traversée sous le précédent gouvernement conservateur espagnol.