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Immigration clandestine : les pateras de mort

18 octobre 2004 - 18h07
Immigration clandestine : les pateras de mort

Pas une journée qui passa sans que les médias ne nous apprennent la mort de dizaines -voire de centaines- des nôtres, victimes du mirage de l’immigration clandestine...

Pas une journée qui passa sans que les médias ne nous apprennent la mort de dizaines -voire de centaines- des nôtres, victimes du mirage de l’immigration clandestine...
Chaque jour, les sinistres pateras nous volent un nombre sans cesse croissant de vies, jeunes pour la plupart, que le désespoir a poussé à tenter ce qu’ils voient être une chance et se révèle en définitive un cauchemar. Car soyons francs, même pour ceux qui « s’en sortent » et atteignent les côtes européennes, la vie ne sera pas ce dont ils ont rêvé : être « clandos », comme l’on dit en France, n’est certainement pas enviable. Que faire pour arrêter cette hémorragie ? C’est à mon sens l’une des questions prioritaires qu’ils nous faut se poser d’urgence. Le volet répressif est certes important et tous ces « passeurs de la mort », tous ces profiteurs du mal-être des autres doivent être sévèrement punis mais le volet préventif l’est certainement plus.
Et il ne peut être le seul fait du Maroc : tous les pays européens qui redoutent l’arrivée d’immigrés irréguliers doivent comprendre qu’il est de leur devoir d’aider nos jeunes à vivre décemment dans leur propre pays. Ils ne peuvent s’exonérer de cette responsabilité. Reste ce qui est de notre ressort : dissuader nos jeunes de s’embarquer pour une mort probable ! Bien évidemment cela ne peut se faire par le seul discours, toujours est-il qu’il nous faut inlassablement montrer à la télévision, dans les journaux...Ces images de corps de nos jeunes échoués sur les plages. Il nous faut aussi faire preuve de pédagogie : et à chaque fois que s’offre l’occasion, expliquer encore. Mais rien de tout cela ne sera suffisant tant que nous ne serons pas en mesure de leur offrir des perspectives, de les associer à un projet de vie, de leur donner foi en l’avenir. Or nos jeunes sont encore trop peu et trop mal considérés : notre Roi leur fait pourtant la part belle dans chacun de ses discours, dans chacun de ses déplacements ; le mouvement associatif de terrain (par les « associations 5 étoiles » - comme les définit si bien le président de l’Association des jeunes du bidonville de L’Guich Loudaya) a beau se démener et le secrétaire d’Etat à la Jeunesse impulser sans cesse de nouvelles idées...
Mais tant qu’un Caïd -comme cela a été le cas à Bournazel- quartier populaire de Casablanca, il y a quelque jours qui a refusé de recevoir des jeunes qui venaient le rencontrer dans le but de créer une association, soyons sûrs que malheureusement les pateras continueront de se remplir.

Ahmed GHAYET - Aujourd’hui le Maroc

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