
Pour l’analyste Amel Boubekeur, l’issue des élections locales marocaines du 12 juin dernier témoigne de la grande fragilité des partis politiques du royaume chérifien.

Plus de 13 millions de Marocains sont appelés aux urnes demain vendredi pour élire les 28.000 conseillers municipaux, avec pour la première fois un quota de 12% réservé pour les femmes.

Mohamed Cheikh Biadillah vient d’annoncer, lors d’une conférence de presse ce vendredi à Rabat, la décision du Parti Authenticité et Modernité (PAM) de retirer son soutien à la majorité gouvernementale du premier Ministre Abbas El Fassi.

Abbas El Fassi va rempiler pour un troisième mandat à la tête du Parti de l’Istiqlal. Il a été élu sans surprise, hier, Secrétaire général de la formation politique qui tenait son 15e Congrès général. Déjà, samedi, deuxième jour du Congrès, le suspense était levé. El Fassi était assuré de conserver son poste, après que M’Hamed El Khalifa eut décidé de retirer sa candidature.

Rabat, une nuit de ramadan. Dans sa villa du Souissi, qu’il habite depuis trois décennies et où il continue de vivre, délaissant sa résidence de fonction, Abbas El Fassi reçoit Jeune Afrique après le ftour, pour l’une de ses très rares interviews. Premier ministre depuis tout juste un an, cet homme de 68 ans n’est pas à proprement parler l’incarnation du « nouveau Maroc », celui des quadras et de la « génération M6 ».

Karim Ghellab, ministre marocain de l’Équipement et des Transports et cadre du parti Istiqlal (au pouvoir), a violemment critiqué les partis islamistes lors d’une rencontre organisée le 15 avril à Paris par le Mouvement des jeunes istiqlaliens de France (MJIF).

Sauf rebondissement de dernière minute, le gouvernement de Abbas El Fassi ne sera constitué qu’après Aïd Al Fitr. L’ouverture de la session d’automne du Parlement par le Souverain se fera donc sans le prochain exécutif. Ainsi, le Premier ministre désigné n’aura pas pu réaliser son ambition de régler cette affaire avant ce vendredi 12 octobre qui marque la véritable rentrée politique. Ce n’est que partie remise, dit-on du côté de l’Istiqlal, qui relativise ce premier couac de son patron en rappelant les délais de Abderrahmane Youssoufi (42 jours) et Driss Jettou (30 jours) pour former leur gouvernement.

Abbas El Fassi a-t-il suffisamment de temps pour former son gouvernement avant l’ouverture de la législature 2007-2012 et l’installation de la nouvelle Chambre des représentants ? Au rythme auquel se déroulent les consultations, il est permis d’en douter.