
Comment le marché de l’immobilier se porte au Maroc ? Si la crise tant crainte par les professionnels ne se fait pas encore ressentir, le secteur vit un grand attentisme. Tour du marché en 10 questions.

On a beau essayer de la dissimuler, la crise est bel et bien là. Plusieurs éléments confortent ce constat. En premier lieu, Bank Al-Maghrib a confirmé dans son dernier rapport sur la politique monétaire « une légère décélération de son rythme d’évolution ». Emanant de la plus haute autorité monétaire du pays, ces propos ne peuvent qu’être pris au sérieux.

Le secteur immobilier vit-il une crise au Maroc ? La réponse à cette question demeure des plus délicates en l’absence de baromètres officiels qui pourraient renseigner sur la situation des ventes dans les différentes régions du pays. Par ailleurs, d’autres indicateurs existent et peuvent répondre, ne serait-ce que de manière partielle, sur l’existence ou non d’une crise dans le secteur immobilier.

Les promoteurs immobiliers ont-ils eu gain de cause ? Aidés par la crainte de la crise et à force de multiplier la pression et les demandes d’incitations afin de continuer à produire les logements sociaux à 200.000 DH, le gouvernement a fini par céder. Actuellement, les discussions sont en cours entre le ministère de l’Habitat, le ministère de l’Intérieur et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) afin de mettre en place un nouveau dispositif de partenariat. Une commission tripartite a été créée pour boucler ce dossier.

La ville nouvelle de Tamesna prend forme. Néanmoins, le projet rencontre de nombreux obstacles. Des retards de livraison sont enregistrés dans ce mégachantier proche de Témara. En effet, les procédures administratives ne suivent pas le rythme des constructions. « L’Etat est devenu extrêmement prudent et pointilleux suite à l’effondrement de l’immeuble de Kénitra en janvier 2008 », signale un promoteur.

La deuxième édition du Salon International de la Promotion Immobilière, Darna, se tiendra du 26 février au 1er mars au Palais des Congrès à Marrakech. Pour les organisateurs, ce salon devra constituer un carrefour de concertation et d’échange entre professionnels.

Avec quelques mois de retard, le programme des logements à 140.000 DH semble enfin être mis sur les rails. Après avoir réglé la problématique du foncier en délimitant une réserve de 3800 ha dans 35 villes, le holding public d’aménagement Al Omrane vient d’entamer une nouvelle étape dans le processus de réalisation.

Les indicateurs du secteur du bâtiment restent à un niveau relativement élevé et rien ne laisse présager pour le moment une crise, quoique le spectre de la récession économique mondiale plane sur le secteur. D’ailleurs, le segment du logement « haut standing » commence déjà à en ressentir l’effet avec le ralentissement du rythme de l’absorption de l’offre et des ventes qui se font de plus en plus rares.