
La justice marocaine a ordonné, jeudi 19 juin, à un quotidien de stopper la publication de témoignages en rapport avec la dure répression politique qui a sévit pendant les "années de plomb" (1960-1999) sous le règne d’Hassan II, a-t-on appris de source judiciaire.

Ecrivain et musicienne, la benjamine des filles Oufkir est la dernière de la famille à sortir son livre (La vie devant moi, Ed. Calmann-Lévy), à 44 ans. Entretien.

Au siège du quotidien « Jarida Al Oula », c’est la fièvre qui précède le bouclage. Sauf que ce mardi 10 juin est une journée particulière. Le directeur de cette nouvelle publication, Ali Anouzla, est cité à comparaître ce mercredi matin dans une plainte déposée contre lui par le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme. Motif de la plainte en référé examinée ce matin par le tribunal de première instance de Rabat : la publication des déclarations faites par de grands témoins écoutés par les membres de l’Instance Equité et Réconciliation.

Les bulldozers réussiront-ils là où l’Instance Equité et Réconciliation (IER), chargée de faire la lumière sur les disparus des années noires du règne de Hassan II, a partiellement échoué ? Lors de travaux de construction, deux fosses communes et des restes d’ossements humains ont été découverts, en moins de deux mois, dans trois villes marocaines, théâtres dans les années 60, 80 et 90 d’émeutes réprimées dans le sang.

Le procureur de la Cour d’appel de Nador a ordonné l’ouverture d’une enquête à la suite de la découverte, lundi, de 16 corps à la suite d’une opération d’excavation dans la caserne provinciale de la Protection civile.

Sale temps pour Ahmed Herzenni. Le Président du Conseil consultatif des Droits de l’Homme (CCDH) ne fait plus l’unanimité. Son action ainsi que ses discours sont contestés par les associations de défense des droits de l’Homme et les victimes des années de plomb.

L’Etat marocain compte-t-il ou non faire des excuses publiques sur les violations graves des droits de l’homme commises entre 1956 et 1999, comme le recommande l’Instance équité et réconciliation (IER) dans son rapport rendu public le 16 décembre 2005 ? Près de deux années après la fin des travaux de cette commission de vérité, le flou persiste sur cette question, certains considérant que la symbolique du geste est nécessaire pour éteindre la flamme des rancœurs, d’autres considérant que l’ensemble du processus, notamment les auditions publiques des victimes et l’engagement du processus d’indemnisation tiennent lieu à la fois de reconnaissance et d’excuses implicites.

Une délégation des familles de disparus marocains s’est rendue à Genève du 26 au 28 septembre dernier, pour le lancement de la campagne mondiale pour la Convention des Nations Unies sur les disparitions forcées, adoptée en décembre 2006 par l’AG de l’ONU.