
Selon les chiffres fournis par le Ministère de la justice pour l’année 2008, "seulement" 836 cas de mariages polygames ont été contractés dans le pays. Cela représente 0,27% des mariages au Maroc, en baisse continue depuis plusieurs années.

Cinq années après son entrée en vigueur, quel bilan peut-on dresser de l’application du nouveau Code de la famille ? Entre l’optimisme de certains et le pessimisme d’autres, il est difficile à établir. Toutefois, l’on s’accorde à dire que bien que le changement soit lent, des progrès sont bien là.

Après plus de sept ans de mariage, Hamid S., fermier dans un petit village (Ba Mohamed) des alentours de Fès (nord-est du Maroc), pense enfin à officialiser son mariage. Il explique : “On m’a expliqué l’intérêt d’un acte de mariage."

Trop de polygames, trop de tolérance de la part des juges et des moyens insuffisants, c’est le bilan que fait l’Association Démocratique des Femmes au Maroc après quatre années d’application de la réforme du code de la famille. Quand aux mentalités, elles évoluent lentement en la matière.

Le Code de la famille n’est le code ni de la femme ni de l’homme. Mais des deux. Le législateur a tenté avant tout de rééquilibrer les droits. Est-ce que les tribunaux de la famille ont suivi ou pas ? La question est d’autant plus pertinente que l’actualité est marquée par deux événements : la Fête de la femme prévue le 8 mars et le Code de la famille qui souffle sa 4e bougie. La loi 70-03 a indéniablement régénéré l’ancien statut personnel et familial : coresponsabilité et égalité entre époux, abolition de la tutelle matrimoniale, verrouillage de la polygamie…

Près de 52 pc des Marocains estiment que le Code de la famille protège, en premier lieu, l’unité de la famille, selon un sondage sur la perception du code de la famille par la population, réalisé par le Centre des droits des gens.

Entré en application en février 2004, le nouveau Code de la famille souffle sa quatrième bougie. L’occasion de revenir sur le bilan de cette réforme emblématique.

Quelque 297.660 actes de mariages ont été conclus au Maroc en 2007 contre 272.989 en 2006, soit une augmentation de 9,04 pc. Quelque 18.751 jugements de validation des mariages ont été également rendus l’année dernière par les tribunaux contre 16.832 en 2006, soit une augmentation de 11,40 pc.