
La situation des droits de l’Homme au Maroc "se caractérise par l’écart existant entre le discours officiel et la pratique réelle des appareils de l’Etat", a affirmé mercredi l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante).

Mardi 24 juin. C’est dans son local flambant neuf du 6, rue Aguensouss, aux abords du centre-ville de la capitale, que l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a choisi de présenter son rapport sur la situation des droits humains au Maroc en 2007 et les premiers mois de 2008. Parmi les thèmes abordés, une série de problématiques désormais « classiques » : droits de la femme et leur application, irrégularités électorales, droit à la santé, à l’éducation, hausse des prix, non-respect du droit du travail, la liste est longue.

Amnesty international a publié cette semaine son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde, et le relevé de notes de l’élève Maroc n’est pas brillant.

Selon des experts en matière d’immigration clandestine au Maghreb, 15.000 ressortissants d’origine Subsaharienne, dont majoritairement des Nigérians (suivis des Maliens, des Sénégalais, des Ivoiriens,…) ont pris leurs quartiers au Maroc dans l’attente du feu vert d’organisations de « passeurs ». La ville de Casablanca regroupe à elle seule environ 85% des membres des ménages de migrants subsahariens. La majorité d’entre eux rejoignent le Maroc par voie terrestre.

Le Maroc reconnaîtra-t-il pleinement la Cour pénale internationale (CPI) ? Après avoir contribué à la naissance, en janvier 2005, d’une coalition marocaine visant à plaider pour la ratification du Statut de Rome par le royaume, la Coalition internationale pour la CPI, une structure créée en 1995 et regroupant plus de 2 500 ONG du monde entier, a choisi de concentrer sa campagne sur le Maroc en avril et mai 2008. « Un plan d’action a été mis en œuvre pour pousser l’Etat marocain à ratifier le statut de la CPI.

Deux touristes français ont été arrêtés, le 31 mars 2008, dans un camping à Zagora, au sud du Maroc, en possession d’un nombre important de livres et de CD Rom en français et en arabe sur le christianisme. Ces étrangers sont soupçonnés de vouloir convertir la population locale. Selon la loi marocaine, ils risquent une peine de six mois à trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 à 500 dirhams pour avoir ébranlé la foi d’un musulman.

Fouad Mouratada, le jeune ingénieur marocain condamné à trois ans de prison pour avoir "usurpé" l’identité de Moulay Rachid, frère cadet du roi Mohammed VI sur le site Facebook, a été libéré sur une grâce royale, a indiqué mercredi à l’AFP son avocat.

Fouad Mourtada a été condamné à trois ans de prison. Pourtant, au 17ème siècle, une vieille tradition marocaine, celle du “Sultan des tolbas”, faisait bien plus qu’emprunter le visage d’un prince. Le Maroc est fier de ses traditions. Il est tout aussi fier d’être entré dans la modernité. “Tradition et Modernité” : telle est la devise qui guide ses choix politiques, sociaux, religieux et culturels. Il veut ainsi montrer que ces deux termes, loin d’être incompatibles, sont pour lui complémentaires. Ambition légitime, certes, et dont le Maroc a bien raison de s’enorgueillir. Mais l’assume-t-il pleinement ? Un événement récent m’amène hélas à en douter.