
En tournage au Maroc, l’actrice américaine, Sarah Jessica Parker, voudrait en profiter pour se renseigner sur les modalités d’adoptions au Royaume.

La kafala, procédure de prise en charge d’un enfant abandonné, n’est pas reconnue par les pays européens comme une adoption en bonne et due forme. Résultat : l’octroi des visas pour les enfants adoptés sous kafala se fait au compte-gouttes.

Il est 14h30, la crèche de l’Espoir ouvre ses portes aux visiteurs. C’est l’heure de la sieste des petits, l’établissement semble presque vide. Mais, à l’étage, une vingtaine de bébés dorment paisiblement sous le regard protecteur des nurses. Nous sommes ici à la crèche de l’Espoir ou la maison des enfants abandonnés, sise à l’hôpital public Amerchich.

Studieuse, brillante, elle est la fierté de ses parents et de ses professeurs dans son lycée d’El Youssoufia, petite ville phosphatière aux allures de grosse bourgade poussiéreuse, à mi-chemin entre Marrakech et Safi. Cette année, la première de son baccalauréat en sciences économiques, Khansaa Sabraoui a obtenu un 16 de moyenne générale. Mais, sous ses airs d’élève assidue et d’adolescente bien rangée, elle porte un terrible poids sur ses frêles épaules. Celui de son passé, d’une enfance violentée. Cela fera bientôt 6 ans que Khansaa est rentrée de France, mais le souvenir du calvaire qu’elle y a vécu durant plus d’une année et demie n’est pas près, en effet, de s’effacer de sa petite mémoire meurtrie.

Les enfants des rues au Maroc vivent difficilement, souvent en liaison avec les stupéfiants et le crime. Les efforts déployés pour les réintégrer dans des familles et dans des écoles sont faibles et s’ils réussissent parfois , les experts affirment que le problème est vaste et qu’il prend racine dans la pauvreté et dans des circonstances sociales difficiles. Othmane a quitté son foyer et son école à l’âge de 14 ans pour vivre dans la rue. Il ne voulait plus assister au spectacle de sa mère luttant pour obtenir le pain quotidien de cinq petits enfants, de la voir se battre pour pouvoir louer un taudis et pour payer les dépenses scolaires de son garçon.

Cinquante sept enfants parlant allemand mieux que le dialecte marocain, pouilleux, en guenilles, souffrant le martyre et devenus végétariens malgré eux, viennent de défrayer la chronique à Essaouira. Le triste décor de leur drame : une maison insalubre appartenant à une association qui a élu domicile il y a 17 ans dans la circonscription d’El Ghazoua. Sa fondatrice, une femme de nationalité allemande, résidente permanente au Maroc qui a fait croire aux autorités locales que son association était capable d’apporter une solution durable au problème des enfants et bébés abandonnés.

La crèche de Tanger est l’unique lieu de la ville où sont recueillis les bébés abandonnés. Sur le bureau de sa présidente, s’accumulent une centaine de dossiers : les demandes d’adoption qui attendent d’être satisfaites. Ceux auxquels la vie n’a pas donné la chance d’enfanter n’hésitent plus aujourd’hui à venir frapper à la porte de la crèche. Que l’on cesse donc de répéter que rien ne change au Maroc.

Chaque jour, près de 400 avortements clandestins sont pratiqués au Maroc, avec des conséquences sanitaires et sociales dramatiques. N’est-il pas temps que le législateur réforme la loi, particulièrement répressive, sur l’avortement ?