
Règlements de comptes, coups bas, guerre de communiqués, individualisme et mariages de raison, caractérisent les derniers jours du gouvernement Abbas El Fassi. A l’approche de la date fatidique du 25 novembre, plusieurs ministres au bilan insignifiant comptent pourtant rempiler. Jeune Afrique les a notés.
Le président du gouvernement Abbas El Fassi et le ministre de la Communication Khalid Naciri, ont obtenu tous deux une note de 3,5/10, soit une mention faible pour les deux politiciens dont le rendement est jugé à la limite de la médiocrité.
Le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, initiateur de la "Coalition pour la démocratie", a récolté 6,5/10. Mezouar qui n’a pas réussi à concrétiser bon nombre de réformes, est accusé par ses collègues au gouvernement de mener un jeu individuel.
Le bilan tant critiqué de l’exercice de la ministre de la Santé, Yasmina Baddou, qui a fait nuit blanche devant le siège de la province d’Anfa à Casablanca, pour être la première à déposer sa candidature aux élections législatives, est noté passable par l’hebdomadaire français, qui lui attribue un 5,5/10. Etonnamment, Yasmina Baddou retente sa chance pour une place au gouvernement, alors qu’elle envisageait de quitter la vie politique en mars dernier.
Ahmed Akhchichine, ministre de l’Education nationale, a obtenu un 4/10, une note qu’il aurait méritée en raison de l’impasse dans laquelle se trouve à ce jour le programme d’urgence 2009-2012, dont l’objectif est d’optimiser le rendement du système éducatif national.
Le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, a obtenu un 6/10 parce qu’il a eu l’idée de commanditer une étude sectorielle sur l’agriculture marocaine à McKinsey, dès sa nomination en 2007.
La stratégie agricole "Plan Maroc Vert" lancée par Akhannouch, qui accorde une place de choix à l’agriculture d’exportation, profite essentiellement aux grosses entreprises, au dépend des petits agriculteurs. Jeune Afrique estime toutefois que les proches collaborateurs du ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, ont été particulièrement exceptionnels lors des négociations de l’accord de pêche du Maroc avec l’Union Européenne.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïb Fassi Fihri, a quant à lui décroché un 6,5/10 pour sa gestion rigoureuse du conflit autour du Sahara marocain. L’homme qui a remporté une victoire retentissante avec l’entrée du Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU, a réussi ces derniers jours à faire oublier quelques-uns de ses échecs à la tête de la diplomatie marocaine, dont la rupture des relations avec l’Iran ou encore l’absence du Maroc de l’Union africaine.
La politique étrangère du Maroc, du ressort du Roi Mohammed VI, se distingue par un réalisme avéré, perceptible à travers le statut privilégié du Maroc avec l’Union Européenne, un lobby influent à l’ONU et l’éloignement des organisations régionales (Union Africaine, Ligue Arabe) pour conserver ses relations avec ses principaux partenaires.
Le ministre de l’Intérieur, Taïb Cherkaoui, 6/10, travaille lui d’arrache-pied depuis sa nomination en janvier 2010. La lutte contre le terrorisme, le traitement du dossier du Sahara et celui du Mouvement 20 février, sont autant d’affaires ayant démontré les qualités de cet ancien juge ayant appris à désamorcer les révolutions.
Hier jeune technocrate, Karim Ghellab est aujourd’hui décrit comme un monstre politique. Avec 8,5/10, le ministre du transport est le symbole de la génération Mohammed VI au sein du gouvernement El Fassi.
Découvert par le défunt conseiller Royal Abdelaziz Meziane Belfkih, Karim Ghellab s’est distingué par sa politique volontariste et ouverte, en imposant le nouveau code de la route. Député du cercle de Sbata à Casablanca, cet ancien des Ponts et Chaussées de Paris, qui défend becs et ongles le TGV marocain, est un fin négociateur qui sait écouter sans forcément faire de concessions.
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