Au Maroc, sortez votre téléphone au mariage… les « commandos » interviennent

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Dans certains mariages au Maroc, des équipes spécialisées sont chargées d’empêcher les invités de prendre des photos ou de filmer. Ces équipes, communément présentées comme des « commandos », sont engagées par des familles qui veulent éviter que les images de la cérémonie ne circulent sans leur accord.

Apparu il y a environ trois ans, le service revient particulièrement en vue pendant l’été, période de forte concentration des mariages. Son principe est simple : rappeler aux convives que les prises de vues sont interdites à la demande des organisateurs et intervenir lorsqu’un téléphone est sorti pour photographier ou enregistrer la cérémonie.

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Mais la mission peut rapidement devenir délicate. Loubna Najib, qui dirigeait auparavant une équipe de ce type à Casablanca, raconte à Hespress que les interventions provoquaient parfois des tensions avec les invités, mais aussi entre les familles des mariés lorsque les règles n’avaient pas été clairement fixées avant la fête.

La situation se compliquait davantage lorsque les agents étaient invités à demander la suppression de photos ou de vidéos déjà enregistrées. Ils se retrouvaient alors directement confrontés aux propriétaires des téléphones, dans une situation dépassant, selon l’ancienne professionnelle, la simple surveillance du respect des consignes.

Peut-on obliger un invité à effacer ses photos ?

C’est précisément sur ce point que les limites du dispositif apparaissent. Loubna Najib estime que les contrats conclus entre ces sociétés privées et les familles ne suffisent pas toujours à encadrer juridiquement ce type d’intervention.

Selon elle, l’absence d’un cadre spécifique laisse les équipes exposées en cas de conflit, notamment lorsqu’elles doivent intervenir sur l’usage d’un téléphone ou demander à un invité de supprimer des images déjà enregistrées.

Les difficultés rencontrées ont finalement conduit l’ancienne responsable à abandonner cette activité et à renoncer à développer son entreprise. Elle affirme également que la demande a diminué dans son secteur après un fort engouement au lancement du concept.

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Elle appelle désormais à définir clairement les droits et obligations de ces équipes, des organisateurs et des invités. Car derrière le principe d’un mariage sans images diffusées contre la volonté des intéressés se pose une question plus sensible : jusqu’où une famille peut-elle aller pour faire respecter sa vie privée pendant la cérémonie ?