Empreintes, photo et longues files : ce qui change lundi pour les Marocains voyageant en Europe
Les voyageurs marocains se rendant en Europe pour un court séjour pourraient attendre plus longtemps aux frontières à partir du lundi 7 septembre. La dérogation permettant de suspendre temporairement les contrôles biométriques lorsque les files deviennent ingérables doit prendre fin.
Une soupape utilisée pendant tout l’été doit disparaître dimanche soir aux frontières européennes. Depuis le déploiement complet du système d’entrée-sortie EES, les États pouvaient interrompre partiellement la collecte des données biométriques pendant plusieurs heures lorsqu’un aéroport, un port ou un poste terrestre était saturé.
Les policiers revenaient alors temporairement au contrôle manuel et au tampon du passeport afin d’écouler plus rapidement les files. Cette possibilité pouvait être utilisée jusqu’à six heures par jour dans les situations les plus difficiles.
À partir du lundi 7 septembre, les pays européens devront normalement maintenir les vérifications biométriques même lorsque l’attente s’allonge fortement. Aucune prolongation de la dérogation n’avait été annoncée vendredi, malgré les demandes formulées par plusieurs États et professionnels du transport.
Pour les ressortissants marocains concernés, le passage de la frontière comprend la lecture du passeport, une photographie du visage et la prise des empreintes digitales lors du premier enregistrement. Les voyages suivants nécessitent une nouvelle vérification du dossier biométrique, à l’entrée comme à la sortie de l’espace Schengen.
D’après The Times, les difficultés les plus importantes ont notamment été observées dans des aéroports espagnols, français, portugais et italiens. Les organisations aéroportuaires ont signalé des attentes pouvant atteindre cinq heures pendant certains pics de fréquentation.
La plupart des MRE installés en Europe sont exemptés
Tous les Marocains ne sont cependant pas concernés. L’EES vise principalement les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne qui effectuent un séjour de courte durée, avec ou sans visa.
Un Marocain venant au Portugal, en Espagne, en France, en Belgique ou dans un autre pays de l’espace Schengen avec un visa touristique doit donc normalement passer par ce système.
En revanche, les Marocains titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour délivré par un pays utilisant l’EES ne sont pas enregistrés. Ils doivent simplement présenter leur passeport accompagné de leur document de séjour.
La Commission européenne donne précisément l’exemple d’un ressortissant marocain marié à une Française et possédant une carte de séjour française : celui-ci n’a ni empreintes ni photographie faciale à fournir dans le cadre de l’EES.
Les binationaux utilisant un passeport européen sont également exclus du dispositif. Les enfants de moins de 12 ans restent, eux, dispensés de la prise d’empreintes, mais leur visage et les informations de leur passeport peuvent toujours être enregistrés.
La fin de la dérogation inquiète particulièrement les compagnies aériennes et les grands aéroports accueillant des voyageurs en correspondance. À Francfort, les files ont déjà atteint 90 minutes lors des périodes de forte affluence, alors même que les autorités pouvaient encore alléger les vérifications.
Des passagers ont également manqué leur avion après être restés bloqués au contrôle des passeports. Les compagnies ne sont généralement pas tenues d’attendre les retardataires et les assurances peuvent considérer qu’il appartient au voyageur de se présenter suffisamment tôt.
L’EES est désormais utilisé dans 29 pays européens et a déjà enregistré plus de 180 millions d’entrées et de sorties. Les voyageurs marocains soumis au système ont donc intérêt à prévoir une marge importante, particulièrement lorsqu’ils passent par un grand aéroport ou disposent d’une correspondance courte.