Commissariat de Malaga : la société civile espagnole contre le classement

- 17h16 - Espagne - Ecrit par :

La décision des autorités judiciaires espagnoles de classer le dossier de l’incendie du commissariat de Malaga n’a pas laissé indifférentes certaines composantes de la société civile espagnole. Kamal Rahmouni, président de l’Association des travailleurs marocains installés dans le pays voisin, ATIME, s’est dit, ainsi, très préoccupé par la décision des autorités judiciaires de Malaga.

"Il est inconcevable de laisser les familles des victimes dans l’ignorance, sans aucune explication de ce qui s’est vraiment passé", a-t-il déclaré à Europa Press. Et à lui de se dire surpris, car "il ne s’agit pas de la mort d’une seule personne mais de sept qui étaient de surcroît sous la garde de la police, non dans un lieu privé mais dans un commissariat qui relève du ministère de l’Intérieur". Le responsable de l’ONG estime que le traitement judiciaire accordé à cette affaire ne paraît pas logique et est loin de ce qui devrait être. Il s’agit de la perte de sept vies humaines et le juge n’a pas enquêté sur les circonstances du drame, explique-t-il pour ressortir le caractère illogique des conditions dans lesquelles a été expédiée l’affaire. Sinon comment expliquer, souligne le responsable associatif, que le juge n’as pas pris en compte les quinze requêtes formant preuves qui lui ont été soumises par l’accusation, ce qui, assure-t-il, est très rare dans la procédure judiciaire. Il ne s’agit pas d’accuser la police d’avoir provoqué le drame, reconnaît le responsable associatif, mais le fait est que l’incendie s’est déclaré dans un commissariat et selon toutes les vraisemblances, l’on n’a pas agi rapidement, sinon l’incendie n’aurait pas pris ces dimensions.

Le président d’ATIME a fait, dans ce sens, référence à un incendie similaire qui a été provoqué par une détenue dans le commissariat d’une localité de la même province de Malaga. Seulement dans ce cas, l’intervention a été très rapide et le feu circonscrit avant de dégénérer en un drame. Après une enquête menée à Malaga, notamment auprès de certaines victimes et témoins de l’incendie, l’Association des amis et familles des victimes de l’immigration clandestine a, pour sa part, conclu aux mêmes constatations.

Les responsables de l’association n’ont pas manqué de soulever certaines interrogations cruciales pour comprendre les circonstances de ce drame. Ainsi et dans un communiqué rendu public, l’association se demande notamment, pourquoi les extincteurs n’ont pas été utilisés lors de l’incendie, et comment expliquer qu’un bâtiment nouvellement construit ne disposait pas de détecteurs de fumée et ne répondait pas aux normes de sécurité. Pourquoi les témoins de l’incident ont été expulsés vers le Maroc avant même la fin de l’enquête, s’interroge l’association. Et à cette même ONG de conclure dans son rapport que "vu qu’il a été observé que le commissariat de police ne dispose pas des moyens de sécurité, ni d’intervention rapide pouvant limiter des dégâts corporels auxquels pourraient être confrontées les personnes sous garde à vue ; vu que les fonctionnaires du commissariat n’ontexécuté aucun plan d’urgence pour lutter contre l’incendie (extincteurs, plan d’évacuation rapide) ; outre qu’ils n’ont pas respecté les procédures administratives de mise sous garde-à-vue (fouille systématique et minutieuse pour les détenus) ; il ressort que si la responsabilité délictueuse est difficile à prouver, la responsabilité civile est confirmée, vu la négligence observée pour assurer la sécurité des personnes en garde-à-vue. Dès lors, le gouvernement espagnol est responsable de ce drame".

Rappelons qu’une vingtaine d’émigrés clandestins interceptés dans les eaux andalouses à bord d’un yacht, ont été retenus dans un commissariat de police de Malaga en attendant l’accomplissement des formalités de leur reconduction aux frontières. Selon la version des faits officielle, l’un de ces clandestins originaires du Maroc aurait mis le feu au commissariat le 27 décembre de l’année dernière pour éviter son expulsion du territoire espagnol. Sept personnes sont mortes suite à de graves brûlures dans ce drame.

Libération (Casablanca)

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