Le principal concurrent de la France au Maroc est l’Espagne

- 11h44 - Espagne - Ecrit par : L.A

Interview de Kader Abderrahim, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste du Maghreb.

Nicolas Sarkozy se rend lundi au Maroc pour une visite d’Etat. Quelle est donc l’importance stratégique de ce pays pour la France ?

C’est un pays capital dans la lutte antiterroriste. Les filières marocaines du terrorisme se développent comme on a pu le constater lors des attentats de Madrid en mars 2004. Le problème est d’autant plus vif que 35.000 à 40.000 Français vivent sur place. Autre point que Nicolas Sarkozy ne manquera pas d’évoquer : le Maroc est vital dans la maîtrise des flux migratoires. Paris devrait demander à Rabat d’être plus vigilant. Le Maroc est enfin stratégique car il maîtrise, avec l’Espagne, l’entrée et la sortie de la mer Méditerranée. Il offre, en tant qu’allié, une profondeur stratégique à la France car il possède un large territoire sur le Sahara. La question de l’autonomie que propose le Maroc au Sahara devrait d’ailleurs être à l’ordre du jour.

Les questions économiques devraient être aussi très présentes dans les échanges entre la partie française et la marocaine…

Depuis l’indépendance en 1956, la France est à la fois premier client et premier fournisseur du Maroc. Les grandes entreprises françaises vont traditionnellement sous-traiter là-bas, notamment dans le domaine textile. Mais les coûts sont aujourd’hui plus intéressants en Asie. Outre la vente d’un TGV qui reliera Tanger à Marrakech, un accord nucléaire civile devrait être finalisé.

La France a beaucoup à exporter au Maroc. L’inverse n’est pas vrai. Si le royaume chérifien produit du phosphate et du cobalt, ce n’est pas un pays stratégique pour les matières premières, contrairement à l’Algérie.

La France n’est-elle pas concurrencée économiquement sur place ?

Si, son principal rival est l’Espagne, traditionnellement très présente dans le nord du Maroc, dans la région du Rif. Les Espagnols sont très actifs dans les secteurs des télécoms, de l’électricité, de l’eau et du gaz où ils prennent des parts de marché. Leur approche, souvent moins "arrogante" que les Français, est appréciée.

Les Etats-Unis - qui devraient vendre des F-16 en lieu et place des Rafale français - et la Chine ne sont-ils pas également très présents au Maroc ?

La Chine, non. Elle investit prioritairement en Algérie, un pays bien plus solvable. Quant aux Etats-Unis, s’ils ont des liens historiques très forts avec le Maroc (le royaume a été le premier à reconnaître leur indépendance en 1776), ils n’ont aucune grosse entreprise sur place. Leur présence se traduit essentiellement par des aides financières directes - dans les transports collectifs, les hôpitaux - et les ventes de matériel militaire.

Pourquoi la France semble-t-elle ignorer les problèmes de Droits de l’homme au Maroc ?

Jacques Chirac entretenait des relations presque familiales avec la famille royale. Si les relations avec Nicolas Sarkozy seront nécessairement différentes, le sujet ne devrait pas être davantage à l’ordre du jour. Ce qui intéresse la diplomatie, c’est plus la stabilité du pays que la liberté d’expression. La question est d’autant moins urgente que les autorités marocaines ont une gestion habile de leur image. Mohammed VI apparaît comme un monarque jeune, ouvert et facile d’accès. Il ne dérange pas l’opinion publique française. Et s’il est vrai que le Maroc reste un régime autoritaire, les années de plomb appartiennent au passé.

20 Minutes

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