Derrière les appels à manifester en Italie, un homme d’origine marocaine arrêté par la police
Quatre jours après avoir cité la Gen Z du Maroc parmi ses références, le Mouvement du 17 octobre se retrouve au cœur d’une enquête en Italie. Un Italien de 30 ans d’origine marocaine, soupçonné d’administrer ses réseaux sociaux, a été interpellé à Milan.
Le 20 octobre, le collectif italien affirmait fonctionner sans président ni porte-parole. Son manifeste expliquait avoir étudié des mouvements de contestation à travers le monde, dont la Gen Z marocaine. Samedi 24 octobre, les enquêteurs ont identifié Youssef Siher comme le gestionnaire présumé de sa page Instagram et de son groupe Telegram.
Sur Bladi.net : Des jeunes manifestants italiens révèlent avoir étudié le mouvement Gen Z au Maroc
Ce trentenaire de nationalité italienne et d’origine marocaine a été interpellé sur décision du parquet de Milan, rapporte l’agence ANSA. L’enquête fait suite aux affrontements qui ont marqué des manifestations de jeunes dans le centre de la ville, le 17 octobre.
Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir encouragé la commission d’infractions par ses publications. Les accusations rapportées par ANSA portent également sur des violences organisées lors de manifestations et comprennent une qualification liée au terrorisme. Son épouse est elle aussi mise en cause, tout en restant libre.
Un chercheur passé par l’université de Milan
Avant cette affaire, Youssef Siher avait étudié la communication, puis les sciences politiques à l’université de Milan. Il avait collaboré avec l’Institut italien d’études politiques internationales (ISPI), spécialisé dans la géopolitique, et avec le quotidien Il Fatto Quotidiano. L’ISPI précise que leur collaboration a pris fin en 2024.
L’agence italienne rapporte également une publication de Siher sur Facebook, en septembre, consacrée aux manifestations de la jeunesse marocaine. Il y présentait les difficultés de la santé et de l’éducation comme les symptômes d’un problème politique et économique plus profond.
Selon Rai News, le Mouvement du 17 octobre revendiquait un fonctionnement horizontal et des rassemblements réguliers le samedi. Malgré l’interpellation du suspect, des manifestations ont encore eu lieu le 24 octobre dans plusieurs villes italiennes, notamment à Turin et Rome.