L’Espagne accuse les agrumes marocains d’étouffer ses producteurs
Les producteurs d’agrumes espagnols tirent la sonnette d’alarme à Bruxelles. Face à la concurrence jugée déloyale des pays tiers, notamment le Maroc, ils dénoncent une politique européenne qui sacrifie leurs exploitations au profit des importations extracommunautaires.
La grogne monte dans les campagnes ibériques face à l’explosion des importations d’agrumes en provenance d’autres continents, avec une attention particulière portée sur le Maroc. Selon les données relayées par El Debate, le syndicat agricole AVA-Asaja a présenté aux instances européennes un bilan accablant basé sur une décennie d’accords commerciaux. Le constat est amer pour les producteurs locaux, qui subissent une véritable hémorragie face à la croissance exponentielle des fruits étrangers.
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En dix ans, la part des agrumes intra-européens a lourdement chuté, passant de 71,1 % en 2015 à 62,5 % en 2025. Cette chute est particulièrement visible sur le marché des petites mandarines. Les achats auprès des pays tiers ont bondi, portés par des nations bénéficiant d’accords préférentiels comme l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Turquie ou le Maroc. Le royaume a d’ailleurs vu ses volumes de ventes vers l’UE grimper de 14,9 % par rapport à 2024, s’inscrivant dans une tendance globale de substitution qui inquiète les professionnels.
Face à cette dynamique, un sentiment d’asphyxie gagne les cultivateurs qui dénoncent un préjudice continu. Ils pointent du doigt les failles d’un système favorisant l’entrée de fruits cultivés sous des législations phytosanitaires impensables en Europe. À cela s’ajoutent des coûts de main-d’œuvre radicalement inférieurs, poussant le monde agricole espagnol à exiger une stricte réciprocité dans les conditions de production.
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L’inquiétude culmine avec l’augmentation des flux depuis l’Argentine, juste avant l’entrée en vigueur de l’accord avec le Mercosur. Le président d’AVA-Asaja, Cristóbal Aguado, accuse ouvertement l’Union européenne de déployer « une stratégie commerciale conçue pour remplacer les agrumes produits en Europe par d’autres provenant de pays tiers ». Le responsable syndical prévient d’un ton grave : « Soit l’UE change sa politique commerciale, soit la substitution de notre agriculture se poursuivra, au détriment des producteurs et des consommateurs ».