Forum Economique mondial pour la région MENA à Marrakech

27 octobre 2010 - 10h43 - 2010 - Ecrit par : L.A

"Louange à Dieu,

Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Il Nous est agréable d’exprimer toute la joie que Nous ressentons de voir le Maroc abriter le Forum Économique Mondial pour l’Afrique du Nord et le Moyen Orient. Nous sommes heureux aussi d’y noter la participation d’un aréopage d’experts économiques aussi prestigieux.

Cette importante rencontre constitue assurément un maillon fondamental dans le long et laborieux processus qui est en cours en vue de trouver les moyens les plus indiqués pour apporter des réponses aux problématiques posées par la conjoncture que traversent actuellement le monde, en général, et notre région en particulier.

En effet, vous tenez vos assises à un moment crucial marqué par les fluctuations des indicateurs de la situation économique mondiale qui oscillent constamment entre la progression et le recul. C’est dire que vos travaux, dans ce forum, tiennent lieu de test pour juger de la pertinence et de la justesse de la problématique posée, avec ses multiples ramifications. Il vous appartient également d’explorer les voies et moyens à mettre en œuvre pour y remédier par des actions concertées et des idées convergentes et synergiques.

Il est désormais établi que la reprise économique observée ces derniers temps n’a pas été suffisamment soutenue pour juguler le fléau du chô-mage. Elle a été lourdement handicapée par de multiples entraves qui ont empêché de mettre au point des solutions globales de sortie de crise. En effet, à peine a-t-on commencé à croire en l’efficacité des mesures prises, que d’autres problématiques, encore plus complexes, ont surgi.

Par conséquent, l’un des enseignements fondamentaux à tirer des secousses de ces dernières années, est que la crise mondiale transcende l’économique, le financier et le social, et se situe à d’autres niveaux plus en rapport avec les fondements mêmes du modèle de croissance régnant à l’échelle mondiale. Mieux encore, elle en interpelle jusqu’à la dimension civilisationnelle, remettant en cause sa bonne gouvernance et en hypothéquant la profondeur démocratique.

De fait, le monde se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de l’histoire, ce qui confère à ce forum relatif à la Région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, une importance particulière et lui assigne le devoir redoutable de trouver des réponses aux attentes de nos peuples.

Notre région recèle des atouts et des potentialités qui l’habilitent à jouer un rô-le de premier plan dans la définition des stratégies de sortie de crise, et de participer efficacement au débat visant à mettre au point un nouveau modèle de développement mondial, qui place la dignité humaine au cœur de ses préoccupations.

De même, notre espace régional figure parmi ceux qui ont pu, à une cadence soutenue, progresser vers la résorption des retombées de la crise financière et économique mondiale. L’on s’attend, en effet, à ce qu’il enregistre un taux de croissance encourageant à la fin de l’année, avec des perspectives non moins prometteuses pour l’année prochaine.

Ces données ont, à l’évidence, un impact positif sur la consolidation de la reprise mondiale et la construction du monde de demain -le monde post-crise-, d’autant plus que cette région revêt, pour l’économie mondiale, une importance particulière, voire exceptionnelle.

Ceci tient au fait que notre région regorge de richesses naturelles considérables. Elle est réputée être une source majeure d’énergie fossile et renouvelable, et le réceptacle de potentialités humaines importantes. En effet, elle représente 5 pc de la population mondiale et se caractérise par une structure démographique jeune.

La région est encore plus importante au regard de sa position géostratégique exceptionnelle, qui l’habilite à jouer un rô-le fondamental dans la dynamisation des échanges et de la coopération. Elle constitue, en effet, un lieu de convergence synergique entre le dynamisme des économies asiatiques, les opportunités offertes en matière de partenariat euro-méditerranéen, et les potentialités significatives dont dispose le continent africain pour assurer son développement.

Or, la prise en charge de cette mission demeure tributaire de la pertinence et de l’efficacité de ses choix, qu’il s’agisse de chacun des pays, pris séparément, ou de l’ensemble des Etats de la région.

Notre région -nul ne l’ignore- est en butte aujourd’hui à deux défis majeurs. Le premier tient à la consolidation et l’accélération du rythme de croissance, pour réaliser une plus forte compétitivité et une plus grande attractivité. Il s’agit, en effet, de créer des opportunités d’emploi, de réduire le fossé entre la pauvreté et la richesse, et de placer le citoyen au cœur du processus de développement, tout en veillant à préserver les équilibres financiers et économiques fondamentaux.

Quant au deuxième défi, il concerne la capacité de notre région à se positionner sur la carte économique mondiale, présente et à venir. D’où la nécessité de se muer en un pô-le régional influent, opérant en synergie avec l’environnement international, selon une démarche unifiée et une stratégie commune. Fondée sur le principe d’intégration régionale, cette stratégie devrait favoriser la construction de relations de coopération fructueuse avec nos différents partenaires à travers le monde.

Mesdames, Messieurs,

Conscient de la nécessité de relever ces deux défis, le Maroc a, dès l’apparition des prémices de la crise mondiale, choisi de poursuivre résolument son processus de développement, fondé sur la consolidation de la croissance, l’intensification de l’investissement et la volonté d’aller de l’avant dans la mise en œuvre des grands projets et des réformes structurelles, ainsi que la diversification de son économie.

Ce choix s’est traduit clairement par l’adoption de stratégies sectorielles rigoureuses dans l’industrie, l’agriculture, le tourisme, l’énergie, la logistique et les nouvelles technologies, outre la mise à niveau des ressources humaines à travers des programmes de réforme de l’enseignement et de modernisation de la formation. C’est une démarche qui répond aux impératifs de développement et aux attentes des investisseurs qui ont besoin de qualifications et de compétences humaines de haute facture. Elle est également adaptée à la nécessaire préservation de la sûreté de notre système financier, la protection des secteurs sociaux, la sauvegarde de l’emploi et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens, gage du maintien de la dynamique de la demande interne.

Nous avons aussi porté un intérêt particulier à la modernisation et au renforcement des infrastructures de notre pays. Nous avons ainsi lancé et mis en œuvre des projets structurants, dont on citera en particulier, le grand complexe portuaire Tanger-Med, et ce afin de donner une forte impulsion à nos potentialités logistiques et d’accroître nos capacités en matière de compétitivité.

Nous nous sommes également attaché, dans le cadre d’une vision intégrée, à promouvoir le climat des affaires, en lançant un projet de prestation de services financiers, et en créant la Place Financière de Casablanca, outre l’ouverture de zones franches dédiées à l’industrie, au commerce et à l’exportation à des conditions compétitives incitatives.

Partant de notre volonté de concilier, de façon innovante, entre les impératifs d’accélération de la croissance et les exigences de préservation de l’écosystème, nous nous sommes engagés dans une politique volontariste ambitieuse dans le domaine de la croissance verte. En effet, Nous avons orienté les efforts réformateurs dans notre pays dans un sens permettant l’intégration de la dimension environnementale dans les différentes politiques publiques et stratégies de développement. Il s’agit, en effet, de valoriser les ressources naturelles et de développer les énergies alternatives et renouvelables, dans le cadre d’une vision globale, et dans le but de réaliser les objectifs de développement durable.

Nous avons, à cet égard, lancé un grand projet de production d’énergies propres renouvelables, en valorisant nos potentialités naturelles, notamment l’énergie solaire et éolienne. Nous avons laissé à nos partenaires la latitude de participer à la concrétisation de cette stratégie ambitieuse.

Sur un plan global, le Maroc adhère avec force aux efforts internationaux visant à relever le défi salutaire des changements climatiques.

S’agissant du rô-le de notre pays dans le renforcement de la capacité de notre région à se positionner au sein de la carte économique mondiale, le Maroc, pays ouvert sur le monde, membre actif de diverses organisations onusiennes et au sein d’instances internationales, continue à inscrire en tête de ses préoccupations le renforcement de la coopération internationale et de l’intégration régionale.

C’est dans cet esprit que notre pays s’est impliqué dans de nombreuses initiatives et conventions à vocation intégratrice, aussi bien dans l’espace euro-méditerranéen, qu’au niveau arabe.

De concert avec nos frères d’Égypte, de Tunisie et de Jordanie, nous avons abouti à la proclamation, en 2004, de l’Accord d’Agadir visant la création, en méditerranée du sud, d’une zone élargie de libre échange.

Nous saisissons l’occasion que nous offre la tenue de cet important forum pour exprimer Notre ferme volonté d’élargir et développer ce groupement économique prometteur et de tirer parti de la riche diversité politique, économique et sociale que recèle notre région.

Force est de reconnaître, toutefois, que l’intégration souhaitée par les peuples de la région et dictée par l’esprit du temps se heurte à des plans hégémoniques et à des écueils politiques rendus, pourtant, obsolètes avec la fin de la guerre froide. C’est le cas, notamment, de l’Union du Maghreb qui reste l’otage de calculs étriqués liés au conflit artificiel suscité autour du Sahara marocain.

Convaincu qu’une vision tournée vers l’avenir triomphera à terme des séquelles du passé, et persuadé de la nécessité de surmonter l’immobilisme actuel pour s’inscrire avec le monde dans la logique des ensembles économiques et répondant, en outre, aux appels lancés par l’ONU et la communauté internationale, Nous avons présenté une initiative audacieuse pour régler le conflit régional suscité autour de la marocanité de notre Sahara, en l’occurrence la proposition d’autonomie de nos provinces du sud, dans le cadre de la souveraineté du Royaume du Maroc, de son unité nationale et de son intégrité territoriale.

Cette initiative n’a cessé de bénéficier du soutien croissant de la communauté internationale, ainsi que de l’appui du Conseil de sécurité, vu son caractère sérieux et sa crédibilité, et compte tenu de son respect des normes démocratiques internationalement admises dans ce domaine. Nous avons bon espoir de voir triompher le bon sens et la sagesse en faisant primer l’intérêt commun sur les illusions d’un autre âge.

La persistance du conflit israélo-palestinien ne fait qu’aggraver la situation en hypothéquant les potentiels considérables que recèle la région, et, pis encore, en l’empêchant de jouer un rô-le à la mesure de ses potentialités dans l’essor de l’économie mondiale et d’apporter une contribution plus efficiente aux efforts engagés pour surmonter la conjoncture délicate que le monde traverse actuellement.

A cet égard, Nous ne manquerons pas de souligner que la paix au Moyen Orient passe nécessairement par la solution des deux Etats, permettant la création d’un État palestinien indépendant, avec Al-Qods al-Charif pour capitale, coexistant dans la sécurité et la paix avec l’État d’Israël. Ceci doit se faire dans le cadre de la légalité internationale et par le biais de négociations directes qui ne devraient être entravées ni par l’intransigeance et l’escalade, ni par des mesures unilatérales illégales qui sont susceptibles de torpiller le processus de négociation, d’annihiler la lueur d’espoir dans une paix possible et, partant, de plonger la région dans les ténèbres d’une impasse sans issue.

Du haut de cette tribune, Nous adressons un message d’espoir et lançons un appel à la raison pour engager un processus de négociation responsable en accord avec la volonté de la communauté internationale.

C’est, en effet, la voie judicieuse à suivre pour assurer la sécurité à tous les peuples de la région et mettre fin aux manifestations de violence et d’extrémisme qui exacerbent l’état d’insécurité actuel, réduisent les chances de développement économique et social et affaiblissent le poids de notre région au sein du système de coopération internationale.

Mesdames, Messieurs,

Le monde vit actuellement un moment de transition majeure se traduisant par le passage d’un système en fin de parcours, ayant prouvé ses limites face aux attentes de l’humanité en quête d’un nouveau modèle qu’il nous appartient à tous de construire, guidés en cela par la volonté de relever le défi, dans l’unité et avec un sens élevé des responsabilités.

L’apparition d’une nouvelle géographie de la croissance mondiale, où les pays émergents agissent en force de propulsion de la relance de l’économie mondiale, ne fait que corroborer cette tendance.

Aussi la construction du monde de l’après-crise reste-t-elle étroitement liée à la nécessité de suivre une approche qui soit en phase avec la nouvelle donne. Cette démarche devrait permettre de bâtir des relations équilibrées fondées sur les intérêts communs et de poser les jalons d’une mondialisation plus apte à assimiler la diversité et la pluralité des modèles, dans le respect des spécificités.

C’est de là que découle le concept de diversité biologique de la mondialisation que Nous avons lancé dans Notre message adressé à la troisième édition de la World Policy Conference, organisée il y a une semaine à Marrakech.

Nous apprécions hautement les efforts que vous déployez pour favoriser au maximum les échanges interactifs et le rapprochement des points de vue. Eu égard à la compétence et au savoir-faire qui vont sont reconnus, vous apporterez, Nous en sommes persuadé, une contribution forte et résolue à la démarche universelle visant à tracer une feuille de route aux contours bien cernés et aux objectifs clairement définis. Le but final est de se remettre des effets de la crise mondiale et de poser les jalons d’un nouvel ordre économique mondial régi par une meilleure gouvernance et mieux à même de se prémunir contre les crises, un système plus équitable, plus solidaire et plus humain dans la répartition des fruits de la croissance.

Nous vous renouvelons Nos vœux de bienvenue parmi nous, et saluons la bonne organisation de ce forum. Nous vous souhaitons un agréable séjour au Maroc, terre de dialogue et d’ouverture, et plus particulièrement dans la ville radieuse de Marrakech, cité pétrie d’histoire et carrefour des civilisations et des cultures, où s’estompent les frontières, et où tout le monde partage les mêmes valeurs de tolérance et de coopération pour un meilleur vivre-ensemble.

Tel est l’esprit que nous cherchons aujourd’hui à faire prévaloir dans l’ensemble de notre région, voire à l’échelle du monde entier. Nous prions, enfin, le Très-Haut pour couronner vos travaux de succès.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh".

26/10/2010

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