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Le Maghreb et le discours de Sarkozy

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1er septembre 2007 - 02h25 - Monde

Dans son allocution prononcée lors de la conférence des Ambassadeurs lundi dernier, le président Nicolas Sarkozy a notammenti évoqué le Maroc, le Maghreb, son projet d’Union de la Méditerranée et ce qu’il appelle la confrontation Islam-Occident. En voici une synthèse

Confrontation Islam-occident : une menace

"La menace d’une confrontation entre l’Islam et l’Occident" figure à ses yeux "comme un défi majeur du XXIème siècle" pour le chef de l’Etat. "Nous aurions tort d’en sous-estimer la possibilité : l’affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur. Nos pays, tous nos pays y compris ceux du monde musulman, sont aujourd’hui sous la menace d’attentats criminels comme ceux qui ont frappé New York, Bali, Madrid, Bombay, Istanbul, Londres, Casablanca. Pensons à ce qui se passerait demain si les terroristes utilisaient des moyens nucléaires, biologiques ou chimiques. Le premier devoir de nos Etats c’est d’organiser une coopération totale entre services de sécurité de tous les pays concernés".

Aider les forces de modernité en renforçant la coopération

"Prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident, c’est aussi encourager, aider, dans chaque pays musulman les forces de modération et de modernité à faire prévaloir un Islam ouvert, un Islam tolérant, acceptant la diversité comme un enrichissement. Dans ce domaine, il n’est pas de recette miracle, unique. Mais l’évolution de pays comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie, l’Indonésie témoigne, malgré des différences importantes, de l’existence d’un mouvement des sociétés, encouragé par les gouvernements. Je souhaite que notre coopération renforce les programmes tournés vers l’ouverture et le dialogue des sociétés, en lien, pourquoi pas, avec les représentants de l’Islam de France".

Moyen-Orient : "J’ai la réputation d’être l’ami d’Israël et c’est vrai"

"Prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident, c’est enfin traiter les crises du Moyen-Orient. Il y a cinq ans seulement, la région ne connaissait qu’une crise. En cinq ans, elle est passée d’une crise à quatre crises, certes très différentes mais chaque jour plus liées entre elles. J’ai la réputation d’être l’ami d’Israël et c’est vrai. Je ne transigerai jamais sur la sécurité d’Israël. Mais tous les dirigeants des pays arabes, à commencer par le président Mahmoud Abbas, qui sont venus nombreux à Paris depuis mon élection, connaissent mes sentiments d’amitié et de respect envers leurs peuples. Que cette amitié m’autorise à dire aux dirigeants israéliens et palestiniens que la France est déterminée à prendre ou à soutenir toute initiative utile, mais que la France a une conviction : la paix se négociera d’abord entre Israéliens et Palestiniens".

Union de la Méditerranée : une première réunion au premier semestre 2008

"J’ai souhaité apporter ma réponse au risque de confrontation entre l’Islam et l’Occident : je veux parler du projet d’Union de la Méditerranée. De même que l’histoire de l’Europe est faite de siècles d’affrontements et de guerres, de même l’histoire des peuples de la Méditerranée est faite de conquêtes et d’invasions. Comme en Europe, des liens très forts se sont tissés, nos cultures se sont mutuellement enrichies, parfois même métissées. C’est le cas notamment entre la France et les pays du Maghreb. Le moment est venu de franchir un pas supplémentaire, qui peut être décisif, et de démontrer par nos actes plutôt que par nos discours, la force de cette amitié.

Je propose de la bâtir autour de quatre piliers : l’environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique, la sécurité. Imaginons ensemble, dans chacun de ces domaines, quelques projets ambitieux mais réalistes mobilisant des Etats, des entreprises, des associations, montrant ainsi à nos peuples que nous pouvons ensemble bâtir pour nos enfants un avenir partagé de paix. Naturellement, l’Union européenne, à travers ses institutions, en particulier la Commission, devrait être acteur de plein droit de l’Union méditerranéenne. Un dialogue informel a déjà été engagé avec les pays riverains, y compris la Libye que je souhaite, maintenant que le dossier de l’équipe médicale est réglé, encourager à rejoindre le concert des nations. Nous devons maintenant préparer une première réunion de Chefs d’Etat et de gouvernements qui devra se tenir au premier semestre 2008".

Turquie et Union européenne : oui à une association

"La France ne s’opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l’Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l’avenir de leurs relations : soit l’adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu’à l’adhésion. Je ne vais pas être hypocrite. Chacun sait que je ne suis favorable qu’à l’association. C’est l’idée que j’ai portée pendant toute la campagne électorale. Je pense que cette idée d’association sera un jour reconnue par tous comme la plus raisonnable".

Le Petit Journal - D.B.

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