Le Maroc importe son blé, mais Israël compte sur lui en cas d’urgence

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El A.

Le Maroc fait partie du dispositif mis en place par Israël pour sécuriser son approvisionnement en blé en cas de crise. Le Royaume figure aux côtés de quatre autres pays dans une stratégie destinée à maintenir les importations aussi bien en temps normal que lors de situations d’urgence.

L’information apparaît dans une communication du ministère israélien de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire consacrée au programme « Treat the Wheat ». Israël y indique avoir conclu cinq accords de coopération pour la culture du blé avec la Roumanie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan et le Maroc.

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Le principe dépasse donc une coopération agricole classique. Le ministère israélien de l’Agriculture précise que ces partenariats doivent permettre de diversifier les sources de blé auxquelles Israël peut faire appel « en temps normal » et surtout lors des situations d’urgence.

Le Maroc intégré à une stratégie de sécurité alimentaire

Le rapprochement avait commencé à prendre forme en septembre 2023 à Marrakech. Les ministres marocain et israélien de l’Agriculture, Mohammed Sadiki et Avi Dichter, avaient signé un mémorandum de coopération et discuté notamment de culture du blé, d’eau et de sécurité alimentaire. Quelques mois plus tard, lorsque Dichter a conclu un accord similaire avec la Roumanie, son ministère citait déjà le Maroc parmi les pays précédemment intégrés au dispositif israélien.

L’objectif israélien est de ne pas dépendre d’un nombre limité de fournisseurs lorsque les marchés mondiaux sont perturbés. Le programme a été développé après les tensions sur les céréales provoquées notamment par la guerre en Ukraine. La coopération repose sur un échange : Israël apporte notamment son savoir-faire agricole et ses technologies, tandis que les pays partenaires doivent contribuer à élargir ses possibilités de production et d’approvisionnement en blé.

Le rôle attribué au Maroc est d’autant plus étonnant que le Royaume doit lui-même recourir massivement aux importations pour satisfaire ses besoins céréaliers. Pour la campagne 2026-2027, le département américain de l’Agriculture prévoit encore environ 5 millions de tonnes d’importations marocaines de blé, malgré une nette amélioration attendue de la récolte nationale.

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Le Maroc se retrouve ainsi dans une position singulière : grand acheteur de blé sur le marché mondial pour ses propres besoins, il fait parallèlement partie des pays sur lesquels Israël veut pouvoir s’appuyer pour diversifier son dispositif d’approvisionnement lorsque les circuits habituels sont perturbés.