Mohamed Mourhit

- 19h39 - Sportifs - Ecrit par : Bladi.net

C’est le coeur serré que le nouveau champion du monde de cross country avait quitté son pays d’origine, le Maroc. Il y a un peu plus de trois ans, le néo-belge n’a pas choisi de partir. On l’avait forcé à aller offrir ses services sous d’autres cieux. Il s’agit bien de Mohamed Mourhit, l’unique athlète à avoir réussi à contester l’hégémonie kenyane sur cette spécialité, dimanche 19 mars à Vilamoura, au Portugal. Mourhit a réalisé cet exploit dix ans après son compatriote Khalid Skah (1990 et 1991), qui avait failli, lui aussi, opter pour une autre nationalité.

Comme tous les Marocains, nous avions tant souhaité que la nouvelle star mondiale soit vêtue en rouge et vert. Malheureusement, ce ne fut pas possible, mais nous pouvons, tout de même, se consoler de l’attachement aux origines de cet athlète authentique : ’’Je dois beaucoup au Maroc’’. Ceci est un message clair et net à tous ceux qui l’avaient poussé un jour à la sortie, croyant qu’il était ’’fini’’.

Notoriété

L’histoire de ce natif de Khouribga, le 10 octobre 1971, ressemble étrangement à celle du meilleur marathonien du monde, Khalid Khennouchi. Tous les deux ont préféré quitter leur pays d’origine pour se mettre à l’abri de la tyrannie de certains dirigeants de la fédération qui n’avaient pas admis que ces deux jeunes apprennent à voler de leurs propres ailes.

Il est de notoriété publique que Mourhit et Khennouchi avaient été renvoyés par l’homme fort de la fédération, qui n’aime pas avoir des ’’têtes dures’’ au sein de son groupe. On confond souvent discipline et esprit de groupe avec résignation et soumission. Il n’y a pas de plus capricieux que cela.

Promis à un bel avenir, Mourhit commençait à rêver des podiums, des acclamations du public, de l’empressement des journalistes pour prendre des déclarations, et pourquoi pas rejoindre le panthéon des grands athlètes nationaux, comme Radhi, Aouita et Skah.

Seulement, le manque de démocratie et l’injustice dans les décisions de la direction technique nationale à la suite d’un petit différend l’avait mis dans des états où il est vraiment difficile de réfléchir ou de raisonner calmement. Privé de toute participation aux meetings dans une tentative de le faire fléchir, Mourhit est allé trouver refuge à Bruxelles où la fédération belge l’avait adopté comme l’un des siens en détectant chez lui cet air revanchard avec lequel l’Homme peut réaliser des miracles.

Repris en main par son frère Bouzekri quelque temps seulement avant l’obtention de la nationalité belge en 1997, le désormais bruxellois a reçu un bon conseil de son nouvel entraîneur : " change ta méthode de travail et ton style d’entraînement ". Ce qui veut dire que Mourhit se préparait auparavant d’une manière erronée.

En faisant confiance à son frère, le kouribgui a enfin trouvé le chemin du succès et de la célébrité. Il a entamé sa marche victorieuse en imposant sa suprématie dans le vieux continent, en établissant notamment un nouveau record européen sur 10.000 mètres en 26 min 52 sec 30/100.

Célébrité

Cependant, Mohamed Mourhit n’a pas renié ses racines pour autant. Malgré l’hostilité des jaloux et les crises de colère de son épouse belge qui n’a pas supporté ses interminables va-et-vient, le marocain de cur a fait d’Ifrane sa principale base de préparation. Selon certaines informations, Mourhit fût interdit d’accès aux sommets de l’Atlas au moment où il avait annoncé son intention de devenir belge.

Aujourd’hui, il revient la tête haute dans son pays d’origine, même si sa présence est de plus en plus gênante pour ses anciens détracteurs.

D’après ce qu’on raconte sur lui, Mourhit ressent une grande fierté et une émotion viscérale en humant l’air frais d’Ifrane et l’odeur de la terre à Khouribga où il fait chaque année le ramadan avec sa famille. Cet amour pour le pays lui fait dire que le Maroc est le seul pays au monde où l’athlète peut s’entraîner durant toute l’année, parlant avec tendresse de ses plages et de ses montagnes.

Grâce à son sérieux dans le travail et sa persévérance, Mohamed Mourhit va connaître l’été dernier la consécration internationale dans la chaleur sévillane.

Consécration

Lors des 7èmes championnats du monde en août 1999, il remporta la médaille de bronze du 5.000 mètres. Oubliant un petit moment qu’il portait les couleurs belges, Mourhit, emporté par une fibre nationaliste instinctive, va faire un tour d’honneur brandissant le drapeau national en compagnie de Salah Hissou, sacré champion du monde.

Ce geste complètement spontané a suscité une vague de colère en Belgique. Mais, Mourhit a su comment apaiser les esprits, une fois de retour à Bruxelles.

Sept mois plus tard, le belgo-marocain va entrer dans l’histoire par la grande porte. Dimanche 19 mars restera un jour mémorable dans la carrière de cet athlète.

Terminant meilleur européen au cours des trois dernières éditions des mondiaux de Cross Country, Mourhit va coiffer tout le monde au poteau, en franchissant la ligne d’arrivée en vainqueur à Vilamoura. Mission accomplie pour Mourhit qui a brisé le rêve du kenyan Paul Tergat de décrocher son sixième titre mondial d’affilée et en même temps confirmer que seuls les Marocains sont capables d’en découdre avec l’armada kenyane.

Sentimental comme il l’est, l’enfant de Khouribga a vite eu une pensée pour son pays d’origine en guise de fidélité et de reconnaissance à la patrie. Maintenant qu’il a atteint son premier objectif majeur, Mohamed Mourhit se fixe un nouveau challenge : les lauriers olympiques à Sydney.

"À présent, c’est notre prochain objectif", a lancé son frère et entraîneur. Même si la concurrence sera rude en Australie, Mohamed Mourhit semble confiant et déterminé à se surpasser.

Maroc-Hebdo

  • Mohamed Mourhit de retour

    Il a quitté Ifrane à l'aube, ce vendredi, direction Fez où il a pris l'avion à destination de Casablanca. Là, Mohammed Mourhit devait prendre un autre avion pour Bruxelles où il devait atterrir sur le coup de midi. Malheureusement pour lui, le brouillard en a décidé autrement ! « L'avion venant de Fez avait une heure de retard et j'ai raté ma correspondance pour Bruxelles ! explique-t-il depuis l'aéroport de Casa. Et comme il n'y avait plus de vol Casablanca-Bruxelles, j'ai dû prendre un billet pour Barcelone ! »

  • Saïd Aouita

    Si, aujourd'hui, les Marocains sont incollables sur le demi-fond, c'est grâce au génie d'un homme : Saïd Aouita, « l'homme aux cinq records », maître incontesté dans les années quatre-vingt de tout le demi-fond, du 800 m au 5 000 m. Natif de Kénitra, le jeune Saïd voulait devenir footballeur.

  • Dopage : Mourhit échappe à une radiation à vie

    L'athlète belgo-marocain Mohamed Mourhit a échappé de peu à une radiation à vie après avoir été provisoirement épargné par une contre-expertise, faite suite à de nouveaux contrôles antidopage.

  • Hicham El Guerrouj

    A 29 ans seulement, Hicham El Guerrouj est le roi du 1500m. Il est né à Berkane au coeur du Maroc le 14 Septembre 1974. Pour 1m76 et 58Kg, notre champion mondial détient à lui seul les records du 1500m, du mile et du 2000m.Quadruple champion du monde et double champion olympique Hicham fait désormais parti de l'histoire de l'athlétisme. Actuellement, il ne manque plus rien dans le palmarès de ce joueur hors pair. Après sa victoire au 1500m, Hicham El Guerrouj refait surface et offre au Maroc sa seconde médaille d'or olympique en s'imposant sur le 5000m.

  • Jaouad Zairi

    Né le 17 avril 1982 à Douar Jjalla (Taza), Jaouad Zairi a longtemps été considéré comme un joueur individualiste en raison de son appétit du dribble. Jaouad Zairi semble aujourd'hui avoir mûri et utilise ses qualités au service du collectif sochalien. L'ailier marocain pourrait ainsi rapidement faire son trou parmi les meilleurs attaquants de L1. Portrait d'un vice-champion d'Afrique en pleine ascension.

  • Abdelhadi Belkhayat

    Né en 1940 à Fès, Zougari El Idrissi Abdelhadi, dit Belkhayat, a quitté trés tôt sa ville natale pour s'installer à Casablanca. Une audition à la radio, rue l'Brihi, le pousse rapidement sur le devant de la scène. Dominée à l'époque par Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacen, Brahim Alami. Il réussit à imposer son style avec sa voix chaleureuse et ses mélodies d'influences orientales.

  • Demande de grâce au Roi Mohammed VI en faveur Marocaines abusées

    Trois députées belges ont déposé, mardi, à l'ambassade du Maroc à Bruxelles, une lettre dans laquelle elles demandent au Roi Mohamed VI de gracier 13 femmes marocaines emprisonnées pour avoir eu des relations sexuelles avec un touriste belge, a t-on appris de source diplomatique marocaine.

  • Khalid Rifithawmat

    n'y a pas l'ombre d 'un doute, originaire du rif, on ne pourrait le définir sans retrouver dans son franc-parler, dans sa franchise, dans son audace réfléchie...tous les pics de toutes ces montagnes qui jalonnent le massif du nord du Maroc...entre le Rif et lui, c'est clair que c'est une histoire qui ne cessera jamais de perdurer comme celle aussi qui le rattache au mouvement Hip Hop dont il est issu cela va de soi !

  • Hicham El Guerrouj renonce aux Mondiaux d'Helsinki

    Hicham El-Guerrouj, double champion olympique des 1.500 et 5.000 mètres, annonce lundi dans le journal 'L'Equipe' qu'il ne participera pas aux prochains championnats du monde d'athlétisme à Helsinki, du 6 au 14 août. »Je ne courrai pas. C'est une décision qui n'a pas été facile à prendre », déclare l'athlète de 30 ans, dont la préparation pour les Mondiaux a été altérée par une angine.

  • Najib Yacoubi, le Marocain qui a fait fortune en Thaïlande

    A 19 ans, il quitte le Maroc pour faire des études en France. A 29 ans, il s'installe à Singapour où il monte sa propre agence de voyages. Son groupe compte aujourd'hui 250 personnes et des filiales dans tout le Sud-est asiatique. Généralement, les trois lettres M-R-E riment avec communautés marocaines installées en Europe, en Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, au Moyen-Orient et en Afrique.