Netflix, YouTube, travail : ce que Starlink va changer à bord de Royal Air Maroc
Royal Air Maroc prévoit Starlink à bord de sa flotte d’ici 2027. Les expériences déjà menées chez Qatar Airways et United donnent une idée très concrète de ce qui attend les voyageurs : streaming, travail en ligne et débits pouvant dépasser largement 100 Mb/s en plein vol.
L’accord entre Royal Air Maroc et Starlink doit permettre d’équiper progressivement l’ensemble de la flotte de la compagnie marocaine d’ici 2027. Mais pour les passagers, la véritable question est désormais de savoir ce que cette technologie permettra réellement de faire à 10 000 mètres d’altitude.
Sur le papier, le changement est considérable. Starlink annonce pour son offre aviation des débits typiques de 135 à 310 Mb/s en téléchargement, de 20 à 44 Mb/s en envoi et une latence généralement inférieure à 99 millisecondes. La société affirme que son système peut prendre en charge simultanément le streaming en 4K, les visioconférences, les connexions VPN et le travail collaboratif en ligne.
Cette technologie viendrait compléter la montée en gamme de Royal Air Maroc, qui avait déjà annoncé vouloir généraliser le Wi-Fi à bord dans le cadre de sa transformation numérique.
Sur Bladi.net : Maroc : La « révolution Starlink » freinée ?
Qatar Airways fournit aujourd’hui le meilleur aperçu de ce que pourraient connaître les futurs passagers de RAM. La compagnie a commencé à utiliser Starlink en octobre 2024 et comptait, en août 2026, 150 gros-porteurs équipés et plus de 23 millions de passagers ayant utilisé le service. Elle annonce des vitesses pouvant atteindre 500 Mb/s. Attention toutefois : ce chiffre correspond à la capacité annoncée par avion et non à 500 Mb/s garantis à chaque voyageur, précise Qatar Airways.
Les essais réalisés en conditions réelles donnent néanmoins des résultats impressionnants. Lors d’un vol Qatar Airways entre la France et le Qatar, nous avons pu constater un débit allant jusqu’à 200 Mb/s. Nous avons pu travailler et utiliser normalement des services gourmands en bande passante pendant le vol.
Le débit ne devrait plus être le problème
United Airlines a poussé l’expérience encore plus loin en remplissant un Boeing 737 de journalistes et de créateurs de contenus équipés de plusieurs appareils. Avant même le décollage, Malgré les téléchargements, envois de fichiers, jeux en ligne, streaming et autres usages simultanés, la connexion a tourné autour de 150 Mb/s en moyenne. Aux moments de plus forte sollicitation, elle est descendue ponctuellement autour de 50 Mb/s.
Même ce dernier chiffre reste largement suffisant pour la plupart des usages. airBaltic, qui propose également Starlink, estime qu’environ 5 Mb/s suffisent pour naviguer sur Internet et les réseaux sociaux, 6 Mb/s pour un appel vidéo ou certains jeux en ligne et jusqu’à 25 Mb/s pour regarder une vidéo en 4K. La compagnie annonce jusqu’à 250 Mb/s à bord de ses appareils équipés.
Pour un voyageur de Royal Air Maroc, cela signifie qu’envoyer des vidéos sur WhatsApp, regarder YouTube ou une série en streaming, utiliser des services dans le cloud ou travailler avec un VPN ne devrait plus ressembler au Wi-Fi lent traditionnellement associé aux avions. Les appels vidéo sont techniquement possibles, même si leur utilisation peut être limitée par les règles imposées à bord par les compagnies.
Sur Bladi.net : Starlink au Maroc : arrivée imminente
Une grande inconnue subsiste toutefois : le prix. RAM n’a pas encore précisé si Starlink sera gratuit, réservé à certaines classes ou lié au programme Safar Flyer. Ses concurrents donnent déjà le ton. airBaltic offre son service aux passagers. Air France propose également son Wi-Fi Starlink gratuitement dans toutes les cabines aux voyageurs disposant d’un compte Flying Blue, tandis que Qatar Airways, que nous avons pu tester, a été offert gratuitement à tous les passagers. Il a suffi de créer un compte en ligne et de se connecter.
La question risque donc de devenir importante à mesure que Royal Air Maroc agrandit sa flotte et développe ses liaisons internationales. Avec Starlink, la capacité technique de regarder Netflix ou YouTube et de travailler presque normalement en plein ciel semble déjà démontrée. Reste à savoir dans quelles conditions RAM permettra à ses passagers d’en profiter.