Une simple erreur bloque l’héritage d’un MRE depuis plus de 50 ans

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El A.

Plus d’un demi-siècle après la mort d’un Marocain dans un incendie à Amsterdam, ses héritiers tentent toujours de récupérer des indemnités qui auraient été transférées au Maroc. Selon la famille, le dossier reste bloqué à cause d’une erreur sur le lieu de naissance du défunt.

Mohamed Ben Brahim Azeroual, originaire de Boumalne Dadès, dans la province de Tinghir, est mort en décembre 1970 dans l’incendie d’un hôtel à Amsterdam. Son fils, Ahmed Azeroual, affirme mener depuis des années une bataille administrative pour récupérer les indemnités qui auraient été accordées à lui et à sa sœur après ce décès.

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Selon son témoignage à Hespress, ces fonds seraient conservés auprès de la Caisse de dépôt et de gestion, sous un numéro de compte mentionné dans des documents officiels. Mais la famille dit se heurter à un blocage lié à une différence dans le lieu de naissance du défunt.

Ahmed Azeroual explique que le dossier a longtemps été suivi par son oncle, qui disposait d’une procuration de sa mère. Ce n’est qu’en 2004 qu’il dit avoir récupéré les documents et découvert l’existence de correspondances entre le ministère marocain des Affaires étrangères et le parquet de Ouarzazate au sujet du décès de son père et de la liquidation de sa succession.

La même année, il affirme avoir reçu un document du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Ouarzazate indiquant que les indemnités étaient conservées auprès de la Caisse de dépôt et de gestion. Pour la famille, ce courrier reste l’un des éléments centraux du dossier.

“Boulman” au lieu de “Boumalne”

Le blocage viendrait d’une erreur administrative que les héritiers jugent minime, mais lourde de conséquences. D’après Ahmed Azeroual, lorsqu’il s’est présenté auprès de la Caisse de dépôt et de gestion, il lui aurait été répondu oralement que le compte concernait bien un Mohamed Azeroual, mais né à “Boulman” et non à “Boumalne”.

La famille estime qu’il s’agit d’une simple confusion dans la transcription du nom de la localité de naissance. Cette différence empêcherait aujourd’hui l’identification formelle du défunt et donc la remise des indemnités à ses ayants droit.

Les héritiers affirment avoir poursuivi leurs démarches. Yasmine Azeroual, fille d’Ahmed et étudiante marocaine en Italie, aurait obtenu une pièce officielle provenant des archives du parquet d’Amsterdam, mentionnant le dossier judiciaire néerlandais ouvert après l’incendie de 1970.

Ahmed Azeroual dit avoir récemment écrit à la Caisse de dépôt et de gestion pour obtenir une réponse officielle. Il affirme également avoir saisi l’institution du Médiateur du Royaume, dans l’espoir d’une intervention permettant de débloquer le dossier.

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La famille demande désormais l’appui des autorités marocaines, notamment du ministère des Affaires étrangères et des services consulaires, afin d’obtenir une copie de la preuve originale du transfert des indemnités. Plus de cinquante ans après le drame d’Amsterdam, les héritiers espèrent encore refermer un dossier suspendu à une erreur de quelques lettres.