Suivi par plus d’un million de personnes, ce Marocain se retrouve jugé pour le vol d’une montre à 200 000 €
Un influenceur marocain très suivi sur les réseaux sociaux est jugé à Londres dans l’affaire du vol spectaculaire d’une montre Richard Mille appartenant au styliste roumain Catalin Botezatu. Abdel El Habchi nie avoir participé au braquage et assure avoir tout découvert au dernier moment.
Abdel El Habchi, 30 ans, comparaît devant la Southwark Crown Court aux côtés d’Ali Eldahouzze, 22 ans. Tous deux contestent l’accusation de vol. Un troisième homme, Younes Djoudi, a en revanche plaidé coupable.
L’affaire concerne une Richard Mille sertie de diamants et de cristaux,, estimée autour de 200 000 euros. Le 28 janvier, Catalin Botezatu se trouvait devant le restaurant Amazonico, à Berkeley Square, dans le quartier huppé de Mayfair, lorsqu’il a été attaqué.
Le créateur de mode, qui a notamment travaillé avec Vogue et Versace, a raconté aux jurés que trois hommes l’avaient encerclé. Deux l’auraient immobilisé tandis qu’un troisième aurait utilisé un objet tranchant pour couper le bracelet de la montre directement à son poignet.
Selon l’accusation, les trois hommes avaient repéré leur cible avant de passer à l’action. Abdel El Habchi présente une version totalement différente.
Originaire de la région de Casablanca, il explique être arrivé au Royaume-Uni en 2019 avec un visa de conjoint. Marié et père de deux enfants, il travaillait comme agent de sécurité. Mais il possède également une importante audience en ligne : environ un million d’abonnés sur Facebook et quelque 350 000 sur Instagram, en plus de son compte TikTok, rapporte The Daily Mail.
« Je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer »
Le Marocain affirme qu’il se trouvait avec Ali Eldahouzze lorsque celui-ci a reçu un appel de Younes Djoudi lui demandant de le rejoindre à Mayfair. Une fois dans la voiture de Djoudi près du restaurant, El Habchi assure être resté assis à l’arrière à regarder des vidéos sur TikTok.
Il raconte avoir ensuite accompagné les deux hommes à pied et avoir vu Djoudi saisir quelque chose au poignet d’un homme. Lorsque les autres ont commencé à courir, il dit avoir paniqué et pris la fuite à son tour.
« Je n’avais aucune idée que cela allait arriver. Je n’ai pas participé et je ne savais même pas qu’une montre avait été arrachée ou volée avant de l’apprendre plus tard », a-t-il déclaré devant les jurés.
Le parquet lui a opposé une tout autre lecture des événements. Le procureur Arizuna Asante lui a demandé si le véritable objectif de leur présence à Berkeley Square n’était pas précisément de repérer une personne portant une montre de grande valeur. El Habchi a répondu par la négative.
Le Marocain affirme par ailleurs avoir découvert le lendemain que Djoudi était en possession de la montre. Il soutient avoir alors été menacé : s’il parlait à la police, Djoudi aurait menacé de « brûler » ses enfants. Il assure avoir eu peur pour leur sécurité.
Les trois hommes ont été incarcérés à la prison de Wandsworth après leur arrestation. El Habchi affirme également y avoir été agressé en avril par une quinzaine de détenus et accuse Djoudi d’avoir provoqué cette attaque.
Catalin Botezatu a de son côté raconté avoir réellement craint pour sa vie lors du vol. Son assistant a tenté de poursuivre les agresseurs, sans parvenir à les rattraper.
La montre n’a pas été récupérée. Selon l’accusation, sa valeur actuelle serait désormais nettement supérieure à 160 000 euros.