UE : Dix marchés et dix compétiteurs pour le Maroc

- 10h27 - Monde - Ecrit par :

L’Union européenne a décidé, vendredi 13 décembre 2002, un élargissement historique à dix nouveaux pays qui vont pousser ses frontières jusqu’à la Russie et l’Ukraine. Ceci change assez considérablement la place du Maroc dans cette grande zone Euromed.

"Pour la première fois dans l’Histoire, l’Europe va s’unir par la libre volonté de ses peuples", a déclaré le président de la Commission européenne, Romano Prodi.
Le 1er mai 2004, entreront en Europe la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, Malte, Chypre et les trois anciennes républiques baltes de l’ex-URSS : la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. La Roumanie et la Bulgarie attendront 2007.
Les différents pays acceptés ont cependant prévu de consulter leur opinion par référendum avant de ratifier les traités d’adhésion. Dans certains pays comme Malte, la Lettonie ou la République tchèque, les résultats pourraient être serrés, selon les sondages.
La nouvelle Europe à 25 comptera un peu plus de 450 millions de citoyens, soit 75 millions de plus. Ce sera le plus grand ensemble occidental, devant les Etats-Unis. Mais il sera plus pauvre puisque avec 20% de population en plus, sa richesse ne s’accroîtra que de 4,6%. Mais l’on sait, avec l’expérience espagnole et portugaise, avec quelle rapidité les marchés européens font rattraper le retard aux nouveaux membres.
Il s’agit de l’élargissement le plus important de l’histoire de la construction européenne, depuis la fondation de la Communauté européenne en 1957.
Selon le calendrier prévu, le traité d’adhésion des nouveaux membres doit être signé en avril 2003 à Athènes, sous la future présidence grecque de l’Union, qui prendra le relais du Danemark le 1er janvier.
Au total, les Quinze de l’UE s’apprêtaient à débloquer un paquet de 40,7 milliards d’euros pour la période 2004-2006. L’élargissement ne coûtera cependant qu’environ 25 euros par an par habitant de l’actuelle UE, entre 2004 et 2006. Pour la Turquie, les Quinze ont décidé de ne se prononcer qu’en décembre 2004, en fonction de l’avancement du processus démocratique.
Pour le Maroc, qui entre dans le processus d’association, l’élargissement est une chance et un malheur en même temps. Son marché s’élargit de 78 millions de consommateurs, plus riches que le marché marocain, mais aussi d’autant de producteurs plus efficaces que les siens. Dans un premier temps, le choc concurrentiel sera fort, puis ira en s’atténuant au fur et à mesure que les salaires vont s’élever chez les nouveaux membres. Le choc d’une concurrence plus dure porte sur les produits à valeur ajoutée, textile et électronique, ceux sur lesquels Rabat compte pour se moderniser. En conséquence, deux stratégies, plus une, doivent être renforcées et très vite : le tourisme et la facilitation des installations industrielles marocaines et étrangères, la troisième qui sert les deux autres, étant la formation des hommes, formation sous-tendue par un changement de mentalité et de gouvernance.

N. S. pour l’économiste

  • Elargissement de l'Union européenne : le Maroc et la nouvelle donne méditerranée

    Dix pays vont en effet devenir membres effectifs de l'Union européenne le 1er mai 2004 à Dublin (Irlande), capitale de l'Europe jusqu'à fin juin 2004. Sept pays qui faisaient encore partie il y a moins de quinze ans, de l'ex-Union soviétique : Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie. Ainsi que la Pologne et les deux îles méditerranéennes : Chypre et Malte. Le processus d'intégration qui a débuté dans les années 90, après la chute du mur de Berlin, s'est intensifié entre 1998 et 2000, et a été bouclé en décembre 2002 au sommet de Copenhague.

  • Impacts sur le Maroc de l'élargissement de l'UE

    L'Union européenne prépare son élargissement à dix pays d'Europe centrale et orientale (PECO). Ce processus ne doit pas laisser le Maroc indifférent. malgré les réformes structurelles menées par ce dernier, de sérieux défis doivent être surmontés au plus vite.

  • L'Union européenne et le Maroc renforcent leurs relations

    Lors de leur troisième conseil d'association, qui s'est tenu aujourd'hui, l'Union européenne et le Maroc ont décidé d'intensifier la coopération bilatérale, dans le cadre de leur accord d'association, en créant six sous-comités stratégiques compétents dans les matières suivantes : marché intérieur ; industrie, commerce et services ; transport, environnement et énergie ; recherche et innovation ; agriculture et pêche ; justice et sécurité.

  • L'impact de l'élargissement de l'Union européenne sur le Maroc

    L'élargissement prévu cette année de l'Union européenne, (avec l'adhésion de 10 nouveaux membres de l'Europe de l'Est), pose un défi majeur pour le Maroc, eu égard aux relations commerciales privilégiées qui ont toujours existé entre le Royaume et l'Union, a indiqué M. Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation. Le Maroc escompte cependant des avantages de cet élargissement, qui n'ira pas jusqu'à avoir un impact démesuré sur les relations entre l'UE et le Maroc, a tenu à préciser le ministre, dans un article paru lundi dans le quotidien en langue arabe, "Al-Qods Al-Arabi", édité à Londres.

  • Maroc/Turquie : Un soutien détaché

    Si la Turquie entre dans l'Europe, nous frapperons immédiatement à sa porte, avait dit en substance Hassan II en son temps. Le roi défunt, qui aimait à dire que le Maroc est un arbre dont les racines puisent dans le sol d'Afrique et dont le feuillage bruit au vent d'Europe, avait, au début des années quatre-vingt-dix, demandé officiellement l'adhésion du Maroc à l'Union européenne.

  • Un sommet Bouteflika-Mohamed VI en perspective

    Des échanges épistolaires, d'émissaires et des discussions téléphoniques entre Rabat et Alger se sont intensifiés ces derniers temps.

  • Le Maroc dans la nouvelle politique de voisinage de l'Union européenne

    L'Union européenne, par sa politique de voisinage, établit des programmes d'action spécifiques pour les voisins du sud. Y compris le Maroc. Mais avant, le Royaume devra rendre une bonne copie pour être ce "modèle régional" dont parlent souvent les partenaires européens.

  • Le Maroc quelque peu inquiet de l'élargissement de l'UE

    Même si le Maroc affirme que le 1er mai 2004 qui voit l'Union Européenne passer de 15 à 25 membres est un moment important d'un point de vue politique et géostratégique, il n'en demeure pas moins qu'à Rabat on ne cache pas quelques soucis. Dans un entretien accordé à l'agence Associated Press (AP), Tayeb Fassi Fihri, le ministre délégué aux Affaires Etrangères, estime que « si cet élargissement est la preuve que l'Europe est désormais un continent apaisé politiquement et démocratiquement, il y a incontestablement des inquiétudes ».

  • Quelle intégration pour le Maroc à l'Union européenne ?

    L'Union Européenne depuis le traité constitutif en 1957, a connu un développement extraordinaire. Partie de six pays, elle s'est successivement élargie pour compter actuellement vingt cinq pays, suite a l'adhésion en Mai 2004 de huit pays de l'Est, de Malte et de Chypre. En Décembre 2004, l'accord a été donné pour entamer à partir d'Octobre 2005 les négociations d'adhésion avec la Turquie.

  • Nouvelles mesure des services de l'immigration aux Etats-Unis

    Le département américain de la Justice a annoncé vendredi l'inclusion de 13 nouveaux pays à la liste de ceux dont les ressortissants seront désormais interrogés par les services de l'immigration (INS) aux Etats-Unis.