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Luc, le marseillais qui ne veut plus quitter Ouarzazate

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16 mars 2006 - 15h23 - Maroc

Il n’est pas le seul ressortissant français
installé à Ouarzazate, mais il compte parmi les plus célèbres. Et pour cause, il est le propriétaire des seuls buggys karts de la ville. Leur forme inhabituelle, comme leur couleur jaune foncé, ne les laissent pas passer
inaperçues.

Son allure n’est pas des moindres. Avec des moustaches à la Charles Branson et un physique dur et coriace comme tout paysan marseillais qui se respecte,
Luc qui ne fait pas ses soixante ans, ne peut voiler l’impact, huit ans durant, du soleil du sud sur ses traits méditerranéens.

Son histoire à Ouarzazate, a commencé au moment où il a cru en cette région et ses potentialités. C’est-à-dire, lors de sa première visite. Depuis, cet homme, qui aime tant l’aventure, savoure toutes les jouissances qu’offre le sud marocain. Les pistes, les Kasbah, les Ksours, les dunes, les palmeraies et tout le désert des alentours, n’ont aucun secret pour lui. Il les connaît comme sa poche. Ils le connaissent aussi comme un des leurs. Dans son entreprise, il est l’exemple du patron moderne.

Il n’est derrière son bureau que lorsqu’il le faut vraiment. "On est une famille de huit personnes qui travaillent ensemble à longueur de journées. Dès lors, la dimension humaine a sa part dans le mode de gestion", estime-t-il, avant d’ajouter : "On a beau étudié cela dans les instituts de management, rien n’est plus précieux que de le vivre au quotidien". Ses propos vont directement à l’essentiel. Laconiques mais très expressifs, ses idées convergent toutes vers une pensée maîtresse : prendre soin de ce patrimoine, de son authenticité et de son originalité.

C’est l’avenir. "Les touristes choisissent le sud marocain, parce qu’il est le plus accessible au Maghreb. Mais pour notre part, il faut préserver son cachet sauvage, vierge et naturel", fait-il remarquer, avant d’ajouter que parfois de bonnes pistes valent mieux que de mauvaises routes, ainsi que des constructions en béton dénaturant la teinte pure et limpide d’un désert combien charmeur et séducteur.

Voilà un militantisme et un engagement avérés qui se conjuguent chez un promoteur touristique en faveur de la biodiversité. Un investisseur en fin de
compte. Chose rare, il faut le mentionner. Une fibre humaine particulière se dégage et prend aussi en compte l’aspect économique de ce vecteur de développement.

Des centaines de postes d’emploi se perdent au fil des ans, à cause d’une dénaturation de ces paysages. D’où la sensibilisation des promoteurs touristiques, des touristes eux-mêmes, mais aussi des populations.


"Un pays, ce n’est pas uniquement des paysages, mais aussi des gens".

Voilà, grosso modo, les termes dans lesquels, ce sexagénaire, met en garde contre ce qu’il qualifie comme déviations à la vision touristique. Pour ce ressortissant français, beaucoup de touristes semblent oublier cette réalité.

Les monuments figés dans leurs endroits sont importants à visiter en tant que témoins d’une histoire lointaine ou récente, mais ne peuvent, à eux seuls,
renseigner sur ce que c’est que le pays, ou plus exactement l’arrière pays.

"Découvrir le Maroc, susurre-t-il, signifie l’existence d’une conviction à aller en voyage chez l’habitant pour le côtoyer, le connaître, connaître ses us et moeurs, le mettre en confiance et surtout savoir le respecter".

Luc Jodor reste parmi les rares qui sont conscients que le succès de tout investissement étranger est tributaire du degré d’intégration. A soixante ans, celui qui a grandit à Casablanca ne compte pas quitter ce pays qu’il aime tant. "Je n’ai pas envie de bouger d’ici et sans le Maroc, ma vie n’aura pas beaucoup de sens", avoue l’homme qui fait découvrir aux étrangers, à bord de ses buggys karts, les grands espaces du désert marocain.

Mustapha Elouizi - Map

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