Wallen

- 15h00 - Chanteurs Marocains - Ecrit par : Mohamed A.

D’origine marocaine, la petite Nawell (d’où le pseudo Wallen, anagramme de son vrai prénom) voit le jour le 23 janvier 1978. Elle grandit à Bobigny-sur-Seine, dans le 93.

Elle a une influence musicale double, entre le funk qu’écoutaient ses frères et la musique classique (grâce à sa grande sœur qui l’a inscrite au conservatoire à l’âge de 8 ans). Si deux de ses frères sont des autodidactes du banjo et si une de ses sœurs a fait du chant lyrique, Wallen joue quant à elle du violon.

Elle a toujours aimé chanter, mais c’est à 16-17 ans qu’elle a décidé d’être chanteuse, en voyant Lauryn Hill dans "Sister Act 2". C’est à cette époque que l’aventure va réellement commencer : elle fait quelques jingles pour l’émission "Wake up", animée par des amis à elle sur la radio TSF à Bobigny. Le programmateur de la salle "Le divan du monde", invité à TSF pour parler de ses soirées, entend Wallen chanter et ça lui plaît. Il l’invite à venir chanter lors d’une soirée spéciale r’n’b. Lorsqu’elle est rentrée sur scène, elle s’est fait huer par le public. Comme elle est d’origine maghrébine, les gens disaient "on veut pas de raï ce soir". Mais ensuite, lorsqu’elle fit son freestyle avec un guitariste qu’elle avait rencontré deux jours avant, tout s’est très bien passé.

En 1996, grâce à Tino des N’Groove, elle rencontre Sulee B Wax, ex-rappeur devenu producteur hip-hop émérite. Côté scolaire, elle obtient son bac, fait une année de droit et une école d’arabe avant d’abandonner les études pour se lancer à fond dans la musique. Sulee B prend le temps de ciseler le diamant sur lequel il est tombé. Le premier disque qu’il lui fait écouter est One in a million, l’album d’Aaliyah produit par Timbaland, LE disque qui a édicté les règles du r’n’b moderne, en amenant les beats syncopés. Difficile de partir avec de meilleures références !

Mais n’oublions pas que le r’n’b a mis du temps pour exister sur les ondes françaises (et oui, Fun ne passe du groove que depuis janvier 99, et ce n’est que depuis la rentrée 2000 que Sky est "rap-r’n’b"). Par exemple, K-Reen, pour se faire connaître, a dû multiplier les featurings avec des rappeurs (Oxmo Puccino, Mystik, Def Bond, etc.) jusqu’à ce que le r’n’b américain (Robert Kelly et les Destiny’s child en tête) perce en France, pour que les maisons de disques s’intéressent (enfin) au r’n’b français.

Le premier album de K-Reen, composé par Cutee B, étant passé relativement inaperçu, arrivent heureusement No blaggadda de Vibe (été 99) puis 12/0013 de Matt feat. Def Bond (printemps 2000), titres que Skyrock refuse de passer mais pas Fun Radio, qui permet au r’n’b français de connaître ses premiers tubes.

Pendant ce temps-là, Wallen progresse rapidement en suivant les conseils de Sulee B Wax, puis se fait remarquer chaque année sur des compiles de r’n’b français, censées être à chaque fois le coup de booster qui manquait à ce genre, mais qui se révèlent être des échecs commerciaux qui ne parviennent à faire décoller le r’n’b de l’underground quasi-confidentiel : en 1998, elle pose Je ne pleure pas sur "24 carats" puis, en 1999, Sous mes pas sur "Indigo". En 2000, sur "Kimberlite", compilation de duos r’n’b franco-américains : au côté des duos entre Vibe et Mark Middleton (Tonight is the night) ou entre Lady Laistee et Aaron Sky (Say bye-bye), figure celui entre Wallen et Shamlee . Elle refuse de multiplier les featurings comme K-Reen (et oui, Wallen est Celle qui a dit non), les réservant à sa famille musicale (Sté Strausz, N.A.P. et les autres protégés de Sulee B Wax). Elle a aussi fait On se reverra là-haut avec Nakk et les 10’ pour la compil "Original Bombattak".

Alors qu’on commençait à douter de la crédibilité du r’n’b à la française (parler d’amour, ça marche aux Etats-Unis, pas en France), c’est encore une fois Matt qui va réconcilier le r’n’b et la rue avec le cultissime R&B 2 rue. Maintenant le r’n’b français est enfin reconnu comme du hip-hop et Wallen peut enfin devenir, à l’instar de son modèle Aaliyah aux Etats-Unis, la chanteuse hip-hop r’n’b de référence. Matt l’a d’ailleurs qualifié de "perle du r’n’b français".

Elle commence à sortir de l’underground grâce à Kost et Goldfinger qui lui demandent une chanson pour "Double Face 3" : ce sera La quête du soufre (en bonus track sur "A force de vivre"), titre où elle critique les maisons de disques qui l’ont déçu en voulant formater le r’n’b ("J’ai toujours cru que mon talent suffirait / Que pour réussir fallait rester vrai").
Mais le titre qui la révéla au grand public fut Celle qui a dit non, sur le même thême, avec Shurik’n, rappeur d’I AM, qui séduisit les auditeurs de Skyrock puis ceux des autres radios , puis elle confirma avec Mes rêves, sur un sample de Petite Marie de Francis Cabrel, où elle s’adresse à tous ceux qui ont tenté de la décourager de se marier.

2001 sera l’année du bonheur pour Wallen : en février avec la naissance de son fils (le bébé que vous voyez dans le clip de Mes rêves), le 4 septembre avec la sortie dans les bacs de son premier album A force de vivre (10 jours après la mort de la princesse du r’n’b, Aaliyah, le modèle de Wallen) se vendant les premières semaines en moyenne à 2500 exemplaires par jour, et fin novembre avec son disque d’or (100 000 albums vendus) obtenu en moins de 3 mois.

Et si cet album s’est si bien vendu, c’est pour deux raisons. La première, ce sont les musiques composées par Sulee B Wax, qui n’ont rien à envier à celles des Timbaland, Robert Kelly, Jermaine Dupri ou autres Neptunes. La seconde, ce sont les textes de Wallen, personnels, introspectifs. Elle a eu le déclic en écoutant les textes des N.A.P. : selon elle, "il y a énormément d’émotion, ils retranscrivent bien ce qu’ils vivent" (R&B Mag n°2) : c’est pour cela qu’elle remercie son mari Malik, rappeur des N.A.P., dans Celle qui a dit non. D’où le fait que chacun se retrouve dans ses textes (comme dirait la FF, "Je raconte ma vie et t’as l’impression que je raconte la tienne"). Les paroles de Wallen sont très contrastées entre les choses douces, sentimentales de la Wallen femme, et les textes plus durs de la Wallen fille de la cité et fille d’immigrés.

Wallen a une vraie crédibilité hip-hop, ce qui lui a permis d’inviter sur son album Ärsenik (pour un incroyable Rester moi-même), Shurik’n, Rocca (pour Llama me, une chanson en espagnol). Elle y a aussi convié ses amis Sté, Don Silver, Joss des N’Groove, N.A.P. et Kaylïah. Wallen est ainsi devenue le porte-drapeau du hip-hop r’n’b féminin français, très bien fourni avec Assia, K-Reen et la sublime Jalane.

  • Sofia Mestari

    Sofia Mestari est née à Casablanca au Maroc, en 1980. Elle passe ses dix premières années à Marrakech, où ses parents tiennent un hôtel, sur la scène duquel, la petite Sofia donne ses premiers "concerts".

  • Douzi

    C'est à Koulouche, le village le plus pauvre de Oujda au Maroc, que Abdelhafid Douzi a vu le jour le 30 avril 1985. Né d'une mère algérienne et d'un père marocain maçon, Douzi y a grandi entouré de ses six frères et sœurs. Parmi ceux-ci, son grand frère Abdelkader qui, à l'époque, était lui-même auteur-compositeur et chanteur dans le monde de la chanson Raï. Malheureusement, leur père ne pouvant plus travailler étant malade, Abdelkader fut obligé de quitter le monde de la chanson pour travailler à son tour et subvenir aux besoins de sa famille.

  • Jedwane

    Parmi les nouvelles figures de la chanson populaire : Jedwane, une des rares voix à avoir une audience nationale très large dépassant même les frontières du pays, puisque l'une de ses principales audiences est la communauté maghrébine en Europe. Né à Rabat d'un père marrakchi et d'une mère fassie, El Mokhtar Jedwane a baigné depuis son enfance dans l'atmosphère musicale des deux origines riches par elles-mêmes en sonorités et en répertoires populaires.

  • Abdelhadi Belkhayat

    Né en 1940 à Fès, Zougari El Idrissi Abdelhadi, dit Belkhayat, a quitté trés tôt sa ville natale pour s'installer à Casablanca. Une audition à la radio, rue l'Brihi, le pousse rapidement sur le devant de la scène. Dominée à l'époque par Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacen, Brahim Alami. Il réussit à imposer son style avec sa voix chaleureuse et ses mélodies d'influences orientales.

  • Chahra-Z

    Chahra-Z, de son vrai nom Chahra Msellek, est une chanteuse néerlandaise d'origine marocaine née à Boxtel aux Pays-Bas.

  • Samira Saïd

    Samira Saïd est une très grande histoire sur la scène artistique arabe, elle commença sa vie alors âgée 9 ans et fut remarquée très rapidement, sa voix très belle et délicieuse.

  • Nouri

    La sortie de son premier album a permis la diffusion de ses premières chansons dans tout le pays, et quand la RTM a pris le relais de cette diffusion en participant à la promotion des tubes comme "Ana ou nnas", "Lichira", "Achaka", le nom de Nouri commençait à nous être familier.Un compact disc va être édité à partir du deuxième album contenant 10 chansons avec pour titre vedette "Dar beida" hommage à la ville qui l'abrite et au symbole de ce nom célèbre dans le monde entier. Il sera diffusé en Europe (en France)

  • Wallen : la perle marocaine du R'n'B français

    Nawell, Wallen pour les Français, est une jeune et jolie chanteuse marocaine en vogue. Issue d'une famille d'immigrés, Nawell a connu un long et dur parcours en France, avant de croiser la célébrité. De devenir une star. Native de la petite ville de Bobigny-sur-Seine, un 23 janvier 1978, Nawell a affiché dès sa tendre enfance son amour pour la musique. Sa grande sœur l'a, tout naturellement, inscrite au conservatoire de musique.

  • Najat Aatabou

    Au Maroc, Najat Aatabou, grande star de la chanson populaire, tient une sorte de courrier du cœur, s'inspirant des lettres qu'elle reçoit de femmes fans de ses chansons, qu'elle résouds en chantans.

  • Sapho

    Rockeuse de choc ou diva orientale, on hésite avant de faire un portrait définitif de Sapho. Rebelle de la première heure, voyageuse infatigable, elle parcourt le monde entier, de scène en scène, lieu incontesté de l'expression de son talent.