Accord d’Agadir, après un an, les premiers couacs

- 22h47 - Maroc - Ecrit par : L.A

Si l’on ne peut encore faire le bilan de l’Accord d’Agadir, l’on peut quand même dès aujourd’hui soulever ses premiers couacs. En effet, l’affaire de la Logan fabriquée au Maroc et que les Egyptiens refusent de la laisser entrer sur leur territoire a remis sur le tapis l’efficacité et la portée des accords interarabes. Certes, cela fait à peine un an que l’accord est entré en application, mais l’on peut tout de même faire une lecture prospective de ce qu’en seront les portées.

D’abord, parce que dans l’état actuel des choses, les échanges entre les quatre pays signataires de l’accord (Tunisie, Maroc, Egypte et Jordanie) s’élèvent à peine à 1% de leurs échanges globaux. Quelque chose donc de relativement dérisoire et faible, voire insignifiant. « L’accord, moyennant un certain nombre de conditions, pourrait vraiment pousser vers plus d’échanges et plus de coopération et d’intégration entre les quatre pays signataires », fait remarquer un spécialiste du commerce interarabe. Et d’ajouter que « le fait que ces quatre Etats connaissent une certaine convergence macroéconomique, qu’ils n’aient pas de conflits particuliers entre eux, et de surcroît qu’ils soient intégrés dans le processus euro-méditerranéen, crée déjà des préalables intéressants ». D’autant plus que les quatre pays ont des économies de plus en plus ouvertes sur le monde, ouverture qui devrait leur permettre de penser autrement leur coopération économique bien avant celle politique.

Certes, les pays signataires avaient réussi à surmonter et dépasser bien des différends avant de parapher le 8 mai 2001 l’accord de libre-échange et de le ratifier le 25 février 2004. Il est entré en vigueur le 27 mars 2007, soit six ans plus tard. C’est le volet agricole qui a été à l’origine du retard. Il y avait des risques quant à l’application de l’accord dans la mesure où tout avantage accordé à un pays arabe devait être élargi aux Etats-Unis en vertu de l’accord de libre-échange conclu avec ce pays. Or, il se trouve que contrairement aux autres accords conclus avec la Turquie ou l’UE, celui d’Agadir prévoit un démantèlement immédiat pour les produits agricoles.

Aujourd’hui, alors que la question agricole est plus ou moins dépassée, « les économies dans les quatre pays signataires continuent à être relativement protégées et on pratique encore ce qu’on appelle les barrières non tarifaires », constate notre interlocuteur. C’est ce qui s’est passé dans le cas de la Logan. Le monde arabe est parmi les régions où on pratique encore une protection relativement forte, même si elle est en diminution, avec des barrières non tarifaires, parfois insurmontables », souligne-t-il. C’est, à n’en point douter, un facteur bloquant, mais rien n’empêche les Etats de prendre les décisions qu’il faut pour y mettre fin.

Opportunités

Les économies des quatre pays signataires de l’Accord d’Agadir sont des économies relativement diversifiées. De l’avis d’experts, il y a un potentiel pour les échanges entre ces pays. En plus d’une large complémentarité au niveau des produits finis fabriqués dans chacun d’entre eux. Ce qui bloque l’accord pour le moment c’est sa dimension technique et aussi interétatique.

En plus clair, l’accord n’implique pas véritablement les populations et les milieux professionnels. Ce qu’il faut, estime-t-on, dans les milieux d’affaires, c’est un « cadre politique au sens global, qui soit cohérent, et dans lequel peut s’inscrire ce processus ». Sinon, « il va tout simplement se confiner à une dimension technique ». C’est aussi une occasion pour débloquer l’UMA et permettre au Maghreb de surmonter les difficultés politiques actuelles.

Source : L’Economiste - Jamal Eddine Herradi

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