Aéronautique : Un Marocain « constructeur »

- 23h43 - Maroc - Ecrit par : L.A

Dans le cockpit, le pilote ajuste son dossier. Le décollage est imminent de l’aéroport Marrakech Menara. Quelques secondes après, l’avion prend les airs. La longue ascension est enclenchée sauf qu’elle est…virtuelle. Et l’avion en question, encore en phase de finalisation, est collé au sol… dans le salon de son concepteur. Constructeur amateur, Abdelkrim M. Hachadi, ingénieur Arts & Métiers, poursuit ses manœuvres, cette fois-ci, pour l’atterrissage de son jet liner, un Boeing 737NG. Atterrissage réussi à l’aéroport Med V, se réjouit le pilote-constructeur. Devant son tableau de bord, attentif aux commandes, il commente avec force détails le déroulement de l’opération.

Fruit d’une grande passion et de longues nuits blanches, son projet commence à prendre forme. « Si tout va bien, promet-il, son « jet liner » sera fin prêt au début du deuxième semestre 2008 ».
Depuis quelques mois, son rythme de travail s’est accéléré. Il passe tous ses loisirs la tête dans le ciel, les yeux rivés sur le tableau de bord de son avion, mais surtout à tester les différentes fonctions qu’il développe ou réalise.

L’idée a germé dans son esprit depuis longtemps. Mais il lui faudra un an de réflexion pour lancer son projet. C’est à Paris où il est basé qu’il le démarrera avec les moyens de bord. Sa cuisine sera squattée et transformée en atelier. Et à partir d’un logiciel de simulation que l’on peut, dit-il, acquérir pour quelques dizaines de DH, il lance son entreprise. A ce logiciel qui sert à la visualisation des scènes extérieures, il rajoute une multitude de programmes et de développements. Des photos de cockpits d’avions et des documents techniques lui serviront de base de travail. Titulaire d’une licence de pilote professionnel et qualifié IFR, Hachadi mettra aussi à profit ses connaissances aéronautiques et de pilotage. Et aussi ses économies, investies dans les quelque 8 ordinateurs, les composants électroniques et autres matériels qui feront fonctionner le simulateur. La voie des airs est ouverte.

Au départ, Hachadi aurait souhaité prédestiner son projet à des étudiants comme ceux de l’Ecole Mohammadia. « Je le concevais comme un programme pédagogique et didactique pour les ingénieurs en formation à l’EMI, avec qui j’aurais collaboré dans mon projet », dit-il.

Mais, l’idée n’ayant pas abouti, le pilote-constructeur s’attaque à son oeuvre dans une démarche individuelle. Pour affiner ses connaissances, il participe à des forums spécialisés d’amateurs, dans lesquels chacun apporte ses connaissances. « L’aéronautique de loisir est une passion qui réunit des gens d’horizons variés », fait-il remarquer.

Mais, rapidement, ce qui avait commencé comme une simple distraction, un hobby, prendra une tournure plus sérieuse. « Il y a quelques mois, j’ai présenté mon projet à des professionnels, ils étaient fascinés. Ils m’ont encouragé à le poursuivre et à entamer d’ores et déjà des contacts pour des débouchés dans la formation et l’entraînement de pilotes ».

Le constructeur entrevoit alors la possibilité de voir une compagnie aérienne s’intéresser à son œuvre. Pourquoi pas le transporteur national. « C’est un outil pédagogique. Une compagnie comme Royal Air Maroc par exemple pourrait l’utiliser comme simulateur de vol pour une phase intermédiaire de prise en main –car toute l’ergonomie y est- avant de faire passer les stagiaires dans le simulateur FFS (Full Flight Simulator) du B737, qui est très onéreux en investissement et en exploitation.

C’est moins cher et c’est tout aussi didactique », assure le constructeur amateur. A titre indicatif, le constructeur estime le coût d’un tel projet à quelque 30.000 euros contre plus de 30 millions pour un simulateur FFS.

Pacours

Grand mordu des airs, Abdelkarim M. Hachadi a derrière lui une longue formation dans les systèmes d’information, conduite des projets et développement produit. Ingénieur diplômé du Conservatoire national des arts & métiers (CNAM), Hachadi a déjà à son actif plus de 20 ans dans le domaine du conseil à l’international comme manager ou associé (Velez Consultants International, Deloitte consulting, GFI consulting, Aviation Technique Aéronautique …).

Il est consultant, et à ce titre il a travaillé depuis de nombreuses années pour des constructeurs et des équipementiers automobiles et aéronautiques. Parmi ses dernières missions au Maroc soutenues par la CEE, une étude et mise en œuvre d’un bureau d’études mutualisé pour les sous-traitants et équipementiers automobiles. Toujours dans le même sens, il a participé à une étude d’opportunité pour la création d’un centre de formation aux métiers de l’industrie automobile.

L’Economiste - Khadija El Hassani

  • Salon de l'aéronautique : Etrange report

    La nouvelle est tombée comme un couperet. Le salon de l'aéronautique Aéroexpo qui devait se tenir à Marrakech du 24 au 27 octobre est reporté de trois mois. Une nouvelle date est fixée du 23 au 26 janvier 2008. Selon un communiqué d'IEC, agence organisatrice du salon, ce changement a été imposé par les autorités marocaines.

  • Aero-Expo 2007 à Marrakech en octobre prochain

    Le premier salon international des industries et services aéronautiques se tiendra à Marrakech du 24 au 27 octobre prochain avec la participation de 150 exposants étrangers spécialisés dans les services, la maintenance et les technologies aéronautiques.

  • Sous-traitance aéronautique : Les commandes en hausse

    Les commandes d'avions décollent et les sous-traitants marocains se frottent déjà les mains. La soixantaine d'entreprises opérant dans l'aéronautique s'attend en effet à une hausse d'activité. « Les commandes passées au Bourget et à Dubaï viennent grossir les carnets de commandes. La répercussion directe se résume en une augmentation de la cadence de production », souligne Thomas Corbel, secrétaire général du Groupement des industriels aéronautique et spatial (GIMAS), installé à Casablanca.

  • Renault Maroc crée sa banque au Maroc

    Le Maroc fait partie des pays où le constructeur automobile français Renault s'engage à fond. Après le lancement de sa désormais célèbre marque de voiture Logan, qui a connu un grand succès auprès de la clientèle marocaine, et l'annonce de son immense projet de création d'une usine de montage et d'assemblage dans la zone franche de Tanger, Renault poursuit sa politique d'investissement au Maroc.

  • Du génie marocain dans la voiture européenne

    57, boulevard Abdelmoumem à Casablanca. Un immeuble, d'apparence ordinaire, abrite sur deux étages un véritable temple de R&D. C'est le QG de Matra Automobile Engineering Maroc. Et ici, on n'entre pas comme dans un moulin. Les bureaux sont hautement sécurisés. Pas d'accès sans code confidentiel et au pied de chaque imprimante, un destructeur de papier. Aucune information ne sort des lieux. C'est la confidentialité totale.

  • Aéronautique : le Maroc vise un chiffre d'affaires de 15 milliards de DH en 2012

    Casablanca veut placer son industrie aéronautique dans l'orbite des avionneurs mondiaux, et elle dispose, à cet effet, de plusieurs atouts qui ont été exposés lors du dernier salon aéronautique du Bourget.

  • 400.000 bourses pour les primaires d'ici septembre 2008

    Si, quantitativement, les objectifs sont atteints en matière de scolarisation, qualitativement, il reste encore à faire. Le Conseil supérieur de l'enseignement, qui vient de boucler sa session ordinaire, a eu tout le loisir d'en débattre. Par rapport à la généralisation de la scolarisation, les niveaux atteints sont de 95%, mais il s'agit des élèves inscrits. Encore faut-il qu'ils n'abandonnent pas en cours de route. D'où l'éternel problème de la déperdition.

  • RAM-Etihad Airways : Accord de code-share

    Un accord de code-share a été signé, lundi dernier, entre la Royal Air Maroc (RAM) et la compagnie émratie Etihad Airways. Portant sur l'organisation de vols communs sur le continent africain, cet accord veut faciliter les voyages des clients du transporteur émirati vers les pays de l'Afrique de l'Ouest. Et ce à travers une desserte à l'aéroport international Mohammed V de Casablanca.

  • Une grave catastrophe aérienne évitée de justesse à Casablanca

    Un Boeing 737 de Jetairfly en provenance de Belgique aurait failli provoquer une grave catastrophe aérienne en se trompant de piste d'atterrissage le 1er mars à l'aéroport Mohammed V de Casablanca.

  • Tanger hantée par Barrada

    Yto Barrada hante sans relâche les rues de sa ville, Tanger. Dans son précédent travail, "Le Projet du détroit", elle avait les yeux tournés vers le large et l'appel des sirènes européennes. Cette fois, ses yeux - et son appareil photo - sont braqués sur le sol.