Affaire "Hajar Raïssouni" : la thèse de l’avortement tombe à l’eau

- 03h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Depuis un mois, au Maroc, l’affaire "Hajar Raissouni" du nom de la journaliste emprisonnée pour "avortement illégal" et "relation sexuelle hors mariage" mobilise la société civile contre les lois liberticides. Chafik Chraïbi, Président de l’Association marocaine de Lutte contre l’avortement clandestin, n’a pu rester en marge de ce sujet qui fait grand débat. Au cours d’une interview accordée au journal français, Libération, le gynécologue obstétricien a livré ses explications sur le sujet.

Selon Chafik Chraïbi, la jeune femme de 28 ans n’a probablement pas avorté. En effet, rappelle-t-il, les deux expertises sur demande de la Police judiciaire n’ont, à aucun moment, révélé un cas d’avortement.

Pour la première qui a eu lieu juste après l’arrestation de la journaliste, ce sont "des jeunes médecins en formation qui s’en sont chargés à la maternité Souissi de Rabat". Ceux-ci "ne disent à aucun moment s’ils constatent des traces d’avortement sur le col de l’utérus", précise-t-il.

Le lendemain, relève-t-il, "d’autres examens sont faits par le chef de service qui relève des stigmates d’anciennes infections sans préciser s’il voit, ou non, l’existence de lésions dues à un avortement".

Chafik Chraïbi fait surtout observer que, lors de la deuxième expertise, "le dosage de l’hormone de grossesse est beaucoup plus bas que ne le présuppose l’âge de grossesse", ce qui, à l’en croire, "montre que la grossesse s’est arrêtée 48 heures plus tôt et qu’il n’y a probablement pas eu d’avortement provoqué. Dans ce cas, la fausse couche est vraisemblable", conclut-il.

A la question de savoir si l’équipe médicale a pu être instrumentalisée par la Police judiciaire, le gynécologue obstétricien a affirmé qu’elle ne serait pas capable d’aller jusque-là, imputant tout ceci à "un manque grave de professionnalisme".

Par ailleurs, il affirme : "Je suis scandalisé que le Maroc applique une loi qui date des années 1960 et qui n’a plus rien à voir avec la société actuelle".

En outre, il a estimé que Hajar Raïssouni est la première femme emprisonnée pour avortement au Maroc. "Il n’y a même pas eu de plainte contre elle pour expliquer ces poursuites", se désole-t-il.

  • Verdict sévère pour Hajar Raïssouni

    On connaît désormais le verdict réservé à cette affaire qui aura suscité les polémiques les plus nourries depuis quelques semaines. Le lundi 30 septembre, le Tribunal de Première instance de Rabat a condamné Hajar Raïssouni à un an de prison ferme, pour "relations sexuelles hors mariage et avortement illégal".

  • Poursuivie pour avortement illégal, Hajar Raïssouni restera en prison

    Le Tribunal de Première instance de Rabat a examiné la demande de liberté provisoire de Hajar Raïssouni, la journaliste qui se trouve en détention, notamment, pour "avortement illégal". Pour le moins qu'on puisse retenir, le verdict du Tribunal n'arrange pas les affaires de la journaliste.

  • Hajar Raïssouni fixée sur son sort le 30 septembre

    Le Tribunal de Première instance de Rabat a décidé de mettre l'affaire "Hajar Raïssouni" en délibéré jusqu'au 30 septembre. Le flagrant délit est tout de même maintenu malgré la présentation des requêtes de forme de la défense de la journaliste.

  • Toujours pas de liberté provisoire pour Hajar Raïssouni

    La journaliste Hajar Raïssouni, poursuivie avec son compagnon pour “avortement illégal” et “relations sexuelles hors mariage”, restera en détention jusqu'au 19 septembre, en attendant la décision du Tribunal de Première instance de Rabat, qui doit se prononcer sur la nouvelle demande de remise en liberté formulée par ses avocats.

  • Hajar Raïssouni s'est mariée

    La journaliste Hajar Raïssouni et son fiancé soudanais ont convolé en justes noces, le jeudi 31 octobre, à Rabat, après leur libération de prison.

  • Affaire "Hajar Raïssouni" : les avocats exigent l'acquittement

    Poursuivie pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", la journaliste a évoqué lundi devant le Tribunal de Première instance de Rabat, une expertise médicale "douloureuse" faite "sans son consentement" et sans anesthésie. Ses avocats qui n'ont pu cacher leur colère, ont demandé sa relaxe pure et simple.

  • Hajar Raïssouni graciée par le Roi Mohammed VI

    Condamnée à une peine de prison ferme, la journaliste Hajar Raïssouni, vient de bénéficier de la grâce du Roi Mohammed VI, le mercredi 16 octobre 2019, indique un communiqué du Ministère de la Justice. Cette grâce royale s'est élargie au fiancé de la mise en cause ainsi qu'à l'équipe médicale.

  • Hajar Raïssouni persécutée, selon "One free press coalition"

    L'affaire "Hajar Raïssouni", du nom de la journaliste qui a écopé, le 30 septembre dernier, d'un an de prison ferme pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", continue de susciter des vagues au sein de l'opinion nationale et internationale.

  • L'AMDH exige la libération immédiate de Hajar Raïssouni

    L'Association marocaine des Droits humains (AMDH) s'est penchée sur les déclarations de la journaliste lors de son procès, notamment, concernant « la torture subie » lorsqu'elle était en détention provisoire, et exige sa « libération immédiate ».

  • Hajar Raïssouni : "la grâce royale a corrigé un procès injuste"

    Libérée le 16 octobre suite à une grâce royale, Hajar Raïssouni, la journaliste du quotidien arabophone, Akhbar Al-Yaoum, arrêtée en fin août, puis condamnée fin septembre, pour "avortement illégal” et “relations sexuelles hors mariage", n'a pas caché sa désolation, quant à ce procès qui aura déclenché une vague d'indignation.