Les Américains veulent désormais faire mettre leur saumon d’Alaska en boîte au Maroc

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Du saumon sauvage pêché en Alaska pourrait bientôt être expédié au Maroc pour y être mis en conserve. La filière américaine cherche les entreprises marocaines qui participeront à un programme pilote destiné à tester cette nouvelle chaîne industrielle.

La Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (FENIP) a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner les conserveries marocaines intéressées. Initialement fixée au 23 septembre, la date limite des candidatures a été repoussée au lundi 28 septembre.

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Derrière le projet se trouve l’Alaska Seafood Marketing Institute (ASMI), chargé de promouvoir les produits de la mer de l’État américain. Depuis 2025, l’organisme étudie la possibilité de faire transformer au Maroc une partie du saumon pêché en Alaska, avant de le réexporter notamment vers les États-Unis et l’Europe.

Le choix du royaume repose d’abord sur son industrie de la conserve. Dans son rapport international 2025, l’ASMI estime que le recul des captures de sardines a libéré près de la moitié des capacités de certaines installations marocaines. Le Maroc offre également un accès direct aux marchés occidentaux et une solution de remplacement aux centres de transformation asiatiques devenus plus coûteux.

Une usine capable de produire 600 000 boîtes par jour

Une mission américaine s’était rendue en septembre 2025 à Rabat, Safi et Casablanca. Les démarches avaient conduit l’ASMI auprès de trois industriels marocains : Pelagique Industrie, Midav et Silver Food. Des échantillons de saumon devaient leur être envoyés afin d’évaluer la faisabilité technique et le coût d’une production au Maroc.

Silver Food donne une idée des capacités disponibles. Son usine située près de Casablanca peut traiter environ 100 tonnes de poisson et produire quelque 600 000 boîtes par jour, avec un effectif d’environ 1 000 personnes, selon le rapport 2025 de l’ASMI.

L’hypothèse examinée avec cette entreprise portait sur 50 à 75 tonnes de saumon d’Alaska par mois. Les essais devaient permettre de calculer le coût de transformation, d’établir les caractéristiques des futures conserves et de mesurer leur rentabilité sur les marchés américain et européen.

Le circuit envisagé est inhabituel : le saumon serait pêché en Alaska, congelé puis transporté jusqu’au Maroc. Les usines marocaines assureraient la cuisson, la mise en boîte et le conditionnement avant la réexportation. Selon l’ASMI, les conditions tarifaires offertes au Maroc pourraient rendre ce montage plus compétitif que la transformation en Chine.

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L’appel lancé par la FENIP doit maintenant désigner les entreprises qui participeront au programme pilote. Après les visites et les études préliminaires de 2025, cette nouvelle phase doit confronter le projet aux coûts et aux capacités réelles des conserveries marocaines.