Arrêté pendant ses courses à Dubaï, le baron de la drogue « Nadori » finit en prison en Belgique

- 16h00 - Belgique - Ecrit par : Sébastien A.

Arrêté cet été dans un centre commercial à Dubaï, Nasserdine « Nadori » Tarrahi a été extradé vers la Belgique. Ce trafiquant d’origine marocaine, condamné à douze ans de prison pour l’importation de 840 kilos de cocaïne, est également visé par d’autres procédures judiciaires.

Cette fois, Nasserdine « Nadori » Tarrahi n’a pas échappé à la justice belge. Après plusieurs années passées aux Émirats arabes unis, cette figure de 38 ans du narcotrafic anversois a été extradée vers la Belgique. Son transfert, annoncé mercredi 14 octobre par le quotidien Gazet van Antwerpen, intervient deux mois et demi après son arrestation spectaculaire dans un centre commercial de Dubaï.

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Le 30 juillet dernier, « Nadori » faisait ses courses au Mall of the Emirates lorsqu’il avait été interpellé par la police locale. Najim « Troy » E.M., autre trafiquant recherché par la Belgique, avait été arrêté en même temps que lui. Les autorités belges attendaient depuis des années de pouvoir mettre la main sur Tarrahi, condamné en son absence dans plusieurs dossiers de criminalité organisée.

En mai 2026, le tribunal correctionnel d’Anvers lui avait infligé douze ans de prison, une amende de 96 000 euros et la confiscation de cinq millions d’euros. Les magistrats l’avaient reconnu coupable d’avoir dirigé une organisation responsable de l’importation d’au moins 840 kilos de cocaïne via le port d’Anvers en 2020. La marchandise représentait une valeur estimée à plus de 22 millions d’euros.

Il surveillait son trafic de cocaïne depuis Dubaï

L’enquête avait révélé une organisation particulièrement bien rodée. Grâce aux messages déchiffrés de la messagerie cryptée Sky ECC, les policiers avaient découvert que « Nadori » continuait à piloter ses activités depuis Dubaï. Un bâtiment situé dans le quartier de Borgerhout, à Anvers, servait de centre logistique. Équipé de caméras de surveillance, il permettait au trafiquant de suivre à distance les mouvements de ses complices et de contrôler les opérations.

Le parcours de Tarrahi remonte bien avant cette affaire. Son surnom, « Nadori », fait référence à Nador, au Maroc, où il avait séjourné après avoir quitté la Belgique. Il avait notamment appartenu au groupe criminel des « Turtles », dont l’histoire a inspiré le film belge « Patser ». En 2022, il avait déjà été condamné à cinq ans de prison dans le dossier du réseau de trafiquants surnommé les « Mixers ».

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Son arrivée en Belgique ne met pas fin à ses ennuis judiciaires. Dans une nouvelle affaire concernant des importations de cocaïne organisées avec l’aide d’un commissionnaire de transport du port d’Anvers, le parquet a requis sept années de prison supplémentaires contre lui. Selon le média spécialisé Crimesite, les enquêteurs soupçonnent ce réseau d’avoir organisé plusieurs transports de stupéfiants en utilisant des conteneurs spécialement préparés pour déjouer les contrôles.

L’extradition permet désormais à la justice belge de reprendre directement les procédures visant « Nadori ». Condamné à plusieurs reprises en son absence, il pourra notamment contester le jugement de mai 2026 selon les voies de recours prévues par la loi belge.