« Quand j’attrape des Marocains, je les tabasse » : six semaines plus tard, ce policier abat Abderrahim à Milan
Avant la mort d’Abderrahim Mansouri, tué par un policier à Milan en janvier 2026, son futur meurtrier présumé se vantait de frapper des Marocains. Des messages retrouvés par les enquêteurs révèlent ses propos violents, ses matraques cassées et des photographies troublantes.
« Quand j’attrape des Marocains dans les bois, je les tabasse. » En décembre 2025, Carmelo Cinturrino, alors policier au commissariat de Mecenate, à Milan, tient ces propos dans un message adressé à ses collègues. Six semaines plus tard, le 26 janvier 2026, il abat d’une balle dans la tête Abderrahim Mansouri, un Marocain de 28 ans surnommé Zack. Les conversations de l’ancien agent figurent désormais parmi les milliers de pages du dossier d’enquête, dont La Repubblica révèle le contenu ce mercredi 4 novembre.
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Les échanges remontent à plusieurs mois avant le drame. En mai 2025, Cinturrino explique déjà à un collègue sa manière de traiter les personnes interpellées. Après une opération antidrogue, il se vante d’avoir distribué des gifles. Son interlocuteur lui répond : « Désormais, plus aucune pitié. »
En septembre, le policier se plaint d’avoir brisé une matraque récemment achetée. Il affirme avoir besoin d’un modèle en fer. Deux jours plus tard, il envoie la photographie de son nouvel équipement, accompagné d’un commentaire satisfait : celui-ci ne se pliera pas.
Une matraque brisée deux semaines avant le meurtre
En décembre, Cinturrino partage une photographie de sa main couverte d’ecchymoses, qu’il présente comme le résultat d’une poursuite contre un Marocain. À la veille du Nouvel An, il pose avec un marteau. Des témoignages l’accusent d’avoir utilisé cet objet pour frapper des personnes contrôlées. L’ancien policier affirme qu’il lui servait à chercher de la drogue dans le sol.
En janvier 2026, environ deux semaines avant la mort de Mansouri, il raconte encore avoir violemment frappé un Marocain et cassé sa matraque pendant les coups.
Le 26 janvier, à Rogoredo, Cinturrino tire sur Abderrahim Mansouri lors d’une opération antidrogue. Il affirme avoir agi par peur, pensant que le jeune homme était armé. Les investigations établissent que Mansouri était désarmé au moment du tir et qu’un pistolet factice a été déposé près de son corps après les faits.
Un procès pour homicide volontaire en préparation
Le parquet de Milan a demandé le renvoi de l’ancien policier devant la justice pour homicide volontaire, avec la circonstance aggravante de violation de ses obligations professionnelles. Son audience préliminaire est fixée au 18 décembre 2026, selon l’agence italienne ANSA.
Lors de son interrogatoire du 6 octobre, Cinturrino avait assuré aux magistrats : « Je ne voulais pas le tuer, c’était une tragédie. » Une autre enquête vise ses méthodes d’intervention, avec plusieurs collègues également mis en cause pour des arrestations illégales, des extorsions et des violences. Les conversations découvertes éclairent désormais ces pratiques que les enquêteurs désignent comme la « méthode Cinturrino ».