Belgique : « 300 euros pour vendre de la coke, 20 euros pour entraîner des enfants »

- 19h00 - Belgique - Ecrit par : Mohamed A.

Après trente ans passés auprès des jeunes des quartiers d’Anvers, Mohamed Zemmouri tire la sonnette d’alarme. L’éducateur d’origine marocaine estime que l’argent du trafic de drogue rend la prévention par le sport de plus en plus difficile.

« Si ces jeunes peuvent gagner 300 euros en vendant de la coke, comment puis-je encore les convaincre d’entraîner nos petits joueurs pour 20 euros ? », interroge le responsable de Kras Sport, aujourd’hui âgé de 62 ans.

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Mohamed Zemmouri affirme que la consommation et la vente de stupéfiants existaient déjà auparavant, mais qu’elles sont désormais beaucoup plus visibles dans l’espace public. Il dit aborder régulièrement avec les adolescents les dangers des joints et des autres drogues.

Il avait même décidé, à une occasion, de soumettre son équipe à un dépistage. Trois joueurs sur dix avaient été testés positifs. Un résultat important, mais qui confirme selon lui que son association travaille précisément auprès de jeunes vulnérables ayant besoin d’un accompagnement.

L’argent facile menace le travail des éducateurs

Le principal danger vient toutefois des revenus proposés par le trafic. Une fois habitués à cet argent et au niveau de vie qu’il permet, certains jeunes deviennent très difficiles à ramener vers une activité régulière, une formation ou un engagement associatif.

Pendant des années, Mohamed Zemmouri a parcouru les terrains de Hoboken, Borgerhout, Merksem ou du Kiel avec un sac de ballons et quelques chasubles. Son objectif ne se limitait pas à repérer les talents : il cherchait aussi à gagner la confiance des jeunes, à les sanctionner lorsque leur comportement l’exigeait, sans jamais les considérer comme définitivement perdus.

« Nous n’abandonnons jamais personne, même ceux que les autres présentent comme des cas désespérés », explique-t-il dans un entretien accordé à Gazet van Antwerpen.

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À la retraite, il laisse sa place à une nouvelle équipe, mais conserve une inquiétude : face aux centaines d’euros proposés par les trafiquants, le football de quartier et le travail éducatif peinent de plus en plus à rivaliser.