Une étude choc dévoile comment l’école en Belgique brise les espoirs des jeunes Marocains

- 13h00 - Belgique - Ecrit par : Said A.

Une étude menée en Flandre montre comment certains jeunes Belgo-Marocains décrivent une école où l’égalité affichée ne suffit pas toujours à garantir les mêmes chances.

L’école promet à chaque élève de pouvoir avancer selon ses efforts et ses capacités. Mais dans les récits de plusieurs jeunes Belgo-Marocains interrogés par des chercheurs, cette promesse se heurte à une réalité plus nuancée. Le sentiment d’injustice ne naît pas toujours d’un seul épisode spectaculaire. Il peut se construire lentement, à travers une série de décisions, de regards, d’attentes ou d’aides qui ne semblent pas distribués de la même façon.

Une égalité parfois fragile

L’étude, publiée en 2025 dans Social Psychology of Education, repose sur des entretiens menés auprès de quatorze duos parent-jeune d’origine marocaine. Les chercheurs ont analysé la manière dont ces familles perçoivent la justice scolaire dans le système flamand, en particulier dans la relation avec les enseignants et dans les décisions qui jalonnent le parcours des élèves.

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Dans plusieurs témoignages, l’inégalité ressentie ne se limite pas aux notes ou aux filières. Elle apparaît aussi dans le soutien accordé à l’élève, dans la clarté des explications, dans la possibilité d’être entendu ou dans la confiance que l’école semble placer en lui.

Certains jeunes racontent avoir eu le sentiment de ne pas recevoir l’accompagnement dont ils auraient eu besoin. D’autres évoquent des décisions difficiles à comprendre, ou l’impression que leur potentiel n’était pas toujours regardé avec la même bienveillance que celui d’autres élèves.

Ce malaise est plus discret qu’une sanction ou qu’un refus clair. Il se joue dans des moments ordinaires : une explication qui manque, un encouragement qui ne vient pas, une orientation que la famille comprend mal, une difficulté scolaire qui semble trop vite interprétée comme une limite.

La confiance au cœur du parcours

L’étude montre aussi que les attentes jouent un rôle important. Pour certains jeunes Belgo-Marocains, l’école ne leur a pas toujours donné le sentiment que leur réussite était naturellement possible. Plusieurs disent avoir eu l’impression de devoir démontrer davantage leur valeur pour être pris au sérieux.

Cette perception peut peser sur le rapport à l’école. Lorsqu’un élève sent que l’on attend moins de lui, il peut finir par vivre chaque décision comme une confirmation de sa place fragile dans le système. L’enjeu ne concerne alors plus seulement les résultats scolaires, mais aussi la confiance, la motivation et le sentiment d’être pleinement reconnu.

Les auteurs rappellent que les élèves d’origine nord-africaine, majoritairement marocaine en Flandre, sont déjà confrontés à des inégalités scolaires importantes. Ils sont notamment davantage présents dans les filières moins valorisées et moins représentés dans l’enseignement supérieur que les élèves belges sans origine migratoire.

L’étude reste prudente. Elle ne dit pas que chaque difficulté scolaire est liée à l’origine, ni qu’elle concerne tous les Marocains de Belgique. Elle montre plutôt comment certains jeunes et parents interprètent leur parcours à partir d’expériences répétées : manque de soutien, attentes faibles, décisions mal expliquées ou sentiment de ne pas avoir vraiment voix au chapitre.

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C’est là que se joue la question des chances. L’égalité scolaire ne se mesure pas seulement à l’accès à une salle de classe. Elle dépend aussi de ce que l’élève reçoit une fois qu’il y est : du soutien, des explications, de la confiance et la possibilité réelle d’être considéré à la hauteur de ses ambitions.