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Belgique - L’affaire Naïma Amzil : L’auteur des lettres de menaces a été intercepté

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4 mai 2005 - 10h44 - Maroc

Soulagé ! Rik Vannieuwenhuize, patron de la société Remmery à Ledegem, a poussé un grand soupir de satisfaction et s’est dit véritablement soulagé hier en apprenant que la police avait intercepté celui qui, depuis novembre dernier, s’acharne à menacer son entreprise, lui-même et sa famille et, bien sûr, son employée d’origine marocaine, Naïma Amzil, qui, parce qu’elle porte le voile, a suscité pareille attitude haineuse.

Soulagé mais aussi profondément déçu : l’auteur, un carrossier de Ledegem, n’est autre que le mari d’une collègue de Naïma, une ouvrière de 55 ans, Marijke Vandoorne, parmi les meilleurs éléments de l’entreprise ! « J’ai obtenu confirmation de la police », nous disait hier Rik Vannieuwenhuize. « Les tests ADN ont trahi l’auteur. C’est le mari d’une femme qui travaille ici depuis sept ou huit ans et qui est chef de département. Une des meilleures, très efficace... Quand le Roi est venu, elle lui a serré la main : jamais je ne me serais douté ! C’est vrai qu’elle n’a jamais soutenu ouvertement Naïma, mais elle n’a jamais rien dit à son propos non plus. Je suis vraiment étonné et déçu. J’ose encore espérer qu’elle n’a rien fait et que seul son mari, que j’avais vu deux ou trois fois, a monté ça tout seul. Ils habitent à 150 mètres d’ici ! » Ce matin, la collègue de Naïma a remis une lettre signifiant qu’elle était malade pour le reste de la semaine...

C’est le parquet de Courtrai qui a diligenté l’enquête sur cette curieuse affaire de menaces. Rien n’a été laissé au hasard. A trois reprises, un suspect potentiel, ancien ouvrier de l’entreprise, a été interrogé. Sans succès. Puis, les enquêteurs, qui disposait d’une trace sur une enveloppe, ont relevé les empreintes de tout le personnel de la société et de leurs proches. C’est cette étape de l’enquête, confirmée par un test ADN, qui a permis de confondre l’auteur. Pour induire les enquêteurs en erreur, le corbeau se faisait fort de signer d’une appellation (« Nieuw Vrij Vlaanderen ») qui pouvait faire croire à un quelconque mouvement extrémiste.

Le suspect entendu à trois reprises est une de ses connaissances... « Quand il a été arrêté, Marijke nous avait dit dans l’usine qu’il n’avait rien à voir avec cela : maintenant je comprends pourquoi », disait Naïma hier soir.

Le 19 avril dernier, on se souvient que le roi Albert II et la reine Paola ont visité la société de Ledegem. Quelques jours auparavant, une dernière lettre anonyme critiquait pourtant la visite royale et menaçait, encore, le patron. Le souvenir des Souverains déambulant dans l’entreprise avait ainsi marqué tous les ouvriers et en particulier Naïma, fort émue. Le Roi et la Reine s’étaient longuement attardés dans son atelier d’emballage des zakouskis, la Reine la faisant poser à ses côtés pour les photographes ! En janvier, c’est au Palais de Bruxelles que l’ouvrière d’origine marocaine avait été reçue, avec son mari Saïd. Par ces gestes forts de signification, les souverains avaient simplement montré à quel point le racisme « ordinaire » pouvait les toucher.

Nancy Ferroni - Dernière Heure

Mots clés: Belgique , Racisme , Enquête

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