Belgique : un mois au Maroc peut faire sauter la GRAPA
Les retraités marocains de Belgique qui touchent la GRAPA doivent rester très prudents avant un long séjour au Maroc. Cette aide sociale n’est pas une pension exportable : elle impose une résidence réelle en Belgique et limite fortement les absences à l’étranger.
La GRAPA, ou garantie de revenus aux personnes âgées, est souvent confondue avec une pension. Pourtant, la différence est essentielle. Il ne s’agit pas d’un droit classique lié uniquement à une carrière, mais d’une allocation sociale accordée aux personnes âgées qui n’ont pas assez de ressources.
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Pour certains Marocains de Belgique, cette aide peut compléter de faibles revenus à l’âge de la pension. Mais elle est attachée à une condition très stricte : la résidence en Belgique. Le bénéficiaire doit avoir sa résidence principale en Belgique et y vivre réellement, de manière permanente.
Un départ prolongé au Maroc peut donc poser problème. Contrairement à une pension de retraite belge, qui peut souvent être versée à l’étranger, la GRAPA ne suit pas automatiquement une personne qui quitte la Belgique pour vivre au pays.
Le Service fédéral des Pensions rappelle que le bénéficiaire d’une GRAPA peut séjourner à l’étranger, mais seulement dans une limite de 29 jours par année civile. Ces jours peuvent être consécutifs ou répartis sur plusieurs voyages.
Le Maroc peut faire sauter l’aide
Cette règle concerne tous les séjours hors de Belgique, y compris au Maroc. Un voyage familial, des vacances d’été, une visite à un parent malade ou un séjour prolongé dans une maison au pays entrent donc dans le calcul.
Le bénéficiaire doit aussi prévenir le Service Pensions avant tout voyage de plus de 5 jours consécutifs, soit 6 nuitées. Les jours de départ et de retour ne sont pas pris en compte pour cette déclaration, mais l’obligation reste importante.
Le danger vient souvent de l’addition des séjours. Une personne peut penser qu’un mois au Maroc ne change rien, surtout si elle garde son adresse en Belgique. Mais pour la GRAPA, l’adresse ne suffit pas. Il faut aussi vivre effectivement en Belgique.
Si le bénéficiaire dépasse les limites, le paiement peut être remis en cause. La GRAPA peut être suspendue, et des montants versés indûment peuvent être réclamés. Le risque est d’autant plus grand si le séjour n’a pas été déclaré à temps.
Le Service fédéral des Pensions contrôle d’ailleurs la présence en Belgique. Il peut envoyer, à des dates aléatoires, un courrier recommandé avec avis de réception. Certaines catégories de bénéficiaires échappent au contrôle automatique, notamment les personnes de 80 ans ou plus, celles vivant en maison de repos ou certaines personnes handicapées, mais elles peuvent tout de même être contrôlées en cas de soupçon de fraude.
Pour les Marocains de Belgique, la nuance est donc capitale : partir au Maroc quelques jours peut être possible, mais s’y installer ou y rester trop longtemps peut faire perdre l’aide. La GRAPA n’est pas conçue pour financer une retraite durable à l’étranger.
Les bénéficiaires doivent aussi signaler d’autres changements : ressources, héritage, vente d’un bien, donation, mariage, cohabitation, décès ou changement de situation familiale. Ces éléments peuvent modifier le droit à l’aide ou son montant.
Avant un départ au Maroc, il vaut donc mieux vérifier le nombre de jours déjà passés à l’étranger, prévenir le Service Pensions si le séjour dépasse 5 jours consécutifs et garder une trace des dates de départ et de retour.
Sur Bladi.net : Marocains de Belgique : attention au séjour qui peut coûter l’allocation
Pour les retraités aux revenus modestes, la GRAPA peut être indispensable. Mais elle repose sur une condition simple et sévère : vivre en Belgique. Un séjour mal calculé au Maroc peut suffire à faire basculer le dossier.