Code la famille : Une « révolution » qui touche aussi les Marocains de Belgique

- 09h32 - Belgique - Ecrit par :

Mohammed VI réforme le droit familial. La monogamie devient la règle. Fini le mariage avant 18 ans. Une « révolution » qui touche aussi les Marocains de Belgique.

A Rabat, le roi Mohammed VI vient peut-être de démontrer une habileté exceptionnelle : profitant du malaise engendré dans les milieux musulmans conservateurs par les attentats ultra-islamistes du 12 mai à Casablanca, il a lancé une réforme du Code du statut personnel (le Code de la famille) qui devrait rapprocher la législation marocaine de celle en vigueur en Occident.

La monogamie, par exemple, deviendra la règle, alors que la polygamie sera soumise à l’appréciation du juge. Pour le mariage et le divorce, le souci sera de réduire le pouvoir abusif de l’homme. L’âge minimal pour le mariage des femmes passera de 15 à 18 ans (sauf dérogation du juge), une des mesures réclamée par les associations féministes.

L’Association démocratique des femmes du Maroc a ainsi estimé que la réforme constituait un affranchissement des Marocaines grâce à l’abolition de la tutelle légale de l’homme ; il n’y a plus de chef de famille et il y a égalité des droits et des devoirs entre l’homme et la femme.

La loi marocaine ne concerne pas que les Marocains du Maroc, mais aussi les 106.000 Marocains de Belgique et même les 74.000 Belges d’origine marocaine. Particulièrement les femmes, évidemment, puisque c’est leur statut qui est amélioré.

Pour elles, réagit Rajae Essefiani, journaliste à la « Nouvelle Tribune », la revue des communautés d’origine étrangère de Belgique, c’est une révolution. Ce qui est intéressant, c’est qu’elles auront droit au divorce. Par contre, pour la répudiation, le Maroc aurait pu en profiter pour l’abolir définitivement.

La majorité des Marocains de Belgique applaudira cette réforme. Mais il y aura quand même des réticences, ajoute Mme Essefiani. Cerrains Marocains veulent revenir à une certaine pureté, tradition. Ils ont peur de perdre leurs valeurs. Leur mentalité s’est figée.

Pour Sultana Kouhmane, présidente de « SOS Rapts parentaux » , cette réforme est un premier pas sur une longue route. Interdire que l’on marie avant 18 ans les filles enlevées vers le Maroc (NDLR : comme sa fille, mariée à 14 ans) sera un progrès important. Mais encore faudra-t-il que ces règles soient appliquées et connues par les femmes. Même consultée, une première femme empêchera-t-elle son mari d’en prendre une deuxième, sachant qu’il est sa seule source de subsistance dans un pays où l’écrasante majorité des femmes n’ont accès ni à l’enseignement supérieur ni à l’emploi ?

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