343 espèces invasives pourraient coûter jusqu’à 2,5 milliards de dollars par an au Maroc

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Le Maroc abrite 343 espèces exotiques invasives. Leur impact économique potentiel pourrait atteindre 2,47 milliards de dollars par an, selon une étude qui chiffre pour la première fois leur coût à l’échelle du Royaume.

Publiée cette année dans Scientific Reports, l’étude avait initialement identifié 551 espèces signalées comme invasives. Après vérification de leur origine et suppression des doublons, les chercheurs en ont retenu 343 effectivement introduites au Maroc.

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Les données économiques disponibles restent toutefois incomplètes. Les auteurs n’ont pu établir ou extrapoler un coût que pour 137 espèces. Près de la moitié des espèces recensées ne disposent encore d’aucune donnée économique exploitable.

À partir de la base internationale InvaCost, et après ajustement aux caractéristiques économiques et climatiques du Maroc, les chercheurs évaluent le coût potentiel entre 1,57 et 2,47 milliards de dollars par an. Les dommages représenteraient à eux seuls entre 1,47 et 2,32 milliards, contre 97,6 à 149,3 millions de dollars consacrés à leur gestion.

L’agriculture particulièrement exposée

Les insectes et les plantes concentrent une grande partie du risque. Phenacoccus madeirensis, un insecte qui attaque de nombreuses plantes, pourrait à lui seul représenter un coût de 886 millions de dollars. Le carpocapse des pommes et des poires atteint 245 millions, tandis que la mouche méditerranéenne des fruits approche les 90 millions.

D’autres espèces affectent les écosystèmes, la pêche ou la santé. Le rat brun est associé à un coût potentiel supérieur à 190 millions de dollars dans l’estimation par sites, et la carpe commune dépasse les 100 millions. Le moustique tigre, susceptible de transmettre notamment la dengue et le chikungunya, figure également parmi les espèces étudiées.

Toutes les régions ne sont pas exposées de la même manière. Marrakech-Safi arrive largement en tête avec environ 335 millions de dollars de coûts potentiels, devant Casablanca-Settat avec 192 millions, Rabat-Salé-Kénitra avec 122 millions et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avec 119 millions. Agriculture, densité de population, tourisme, ports et échanges internationaux expliqueraient en partie ces écarts.

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Les chercheurs appellent toutefois à la prudence. Ces milliards ne correspondent pas à des pertes déjà enregistrées chaque année au Maroc. Faute de données nationales suffisantes, ils résultent de coûts observés ailleurs puis adaptés au contexte marocain. L’étude donne donc une estimation du risque économique potentiel, qui pourrait encore évoluer à mesure que les données sur les espèces présentes au Maroc s’améliorent.