Euros-dirhams : la mauvaise surprise du change pour les MRE
Changer ses euros en espèces dès l’arrivée au Maroc n’est pas toujours le choix le plus avantageux. Des paiements récents effectués en dirhams avec une carte étrangère montrent un écart pouvant dépasser 170 dirhams pour 1 000 euros par rapport au cours d’achat affiché par une banque marocaine.
Le 17 juillet, la Banque Populaire affichait un cours d’achat de 10,383 dirhams pour un euro. Concrètement, un voyageur ou un Marocain résidant à l’étranger remettant 1 000 euros à la banque recevrait 10 383 dirhams.
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Mais plusieurs paiements réalisés au Maroc, sur différents jours, avec une carte multidevise montrent des taux nettement plus élevés : 10,5312, 10,5544, 10,5556 et 10,5563 dirhams pour un euro. Aucun frais supplémentaire n’apparaît sur les quatre opérations consultées.
Au meilleur taux observé, 1 000 euros représentent ainsi 10 556,30 dirhams de dépenses, soit 173,30 dirhams de plus que lors d’un changement d’espèces au cours d’achat affiché par la banque. Sur l’ensemble des paiements examinés, le taux moyen approche 10,54 dirhams, pour un gain d’environ 157 dirhams sur 1 000 euros.
Deux opérations très différentes
Cette comparaison doit toutefois être nuancée. Dans le premier cas, la banque rachète des euros, généralement sous forme de billets, en appliquant son cours d’achat. Dans le second, la carte convertit automatiquement en euros un achat facturé en dirhams.
La banque doit notamment intégrer sa marge et les coûts liés à la manipulation des espèces. Le prestataire de paiement peut, lui, appliquer un taux plus proche du marché. À titre de repère, Bank Al-Maghrib affichait encore un cours de référence de 10,6584 dirhams pour un euro le 15 juillet. Ce cours indicatif ne correspond toutefois pas directement au taux auquel un particulier peut acheter ou vendre ses devises.
La carte utilisée pour les opérations examinées était une carte d’une néobanque dont la venue au Maroc a été retardée par les autorités. Il ne s’agit cependant que d’un exemple : d’autres banques ou cartes internationales peuvent appliquer des commissions sur les paiements à l’étranger, une majoration du taux de change ou des limites mensuelles.
Toujours choisir le dirham
Le réflexe le plus important consiste à demander un paiement en dirhams marocains. Certains terminaux proposent au client étranger de régler directement en euros. Cette conversion, appelée conversion dynamique, est alors effectuée par le commerçant ou son prestataire, souvent avec un taux moins favorable.
Il vaut généralement mieux refuser cette option et laisser sa propre banque convertir le montant. Avant le départ, il reste indispensable de vérifier les frais de paiement hors zone euro, les conditions de change le week-end et les plafonds prévus par sa carte.
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Le paiement par carte ne remplace pas totalement les espèces, encore nécessaires dans de nombreux petits commerces, notamment les fameuses hanouts. Mais avant de changer une somme importante, comparer le cours bancaire au taux réellement appliqué par sa carte peut éviter de laisser plus de 150 dirhams sur chaque tranche de 1 000 euros.

