Le PDG Royal Air Maroc parle des prix des billets et de la concurrence

- 16h00 - Maroc - Ecrit par : I.L

Après avoir relancé ses activités, Royal Air Maroc s’apprête à recevoir une aide financière de 6 milliards de dirhams de la part de l’État. Dans une interview accordée à Challenge, Abdelhamid Addou fait le point des nouvelles décisions de la compagnie pour faire face à la concurrence, reprécise le prix des billets pratiqués pour les vols spéciaux et clarifie quelques plaintes des compagnies aériennes.

Selon le PDG de la compagnie, Abdelhamid Addou, l’État actionnaire a décidé de les accompagner pour gérer cette crise inédite ayant mis en difficulté les équilibres financiers de manière importante. Poursuivant ses explications, il a par ailleurs rappelé au passage que les performances de l’entreprise avant COVID étaient très bonnes, avec une croissance enregistrée de près de 15% par rapport à la même période un an auparavant (novembre-février). "Tous les indicateurs étaient au vert, notre adhésion à OneWorld effective. Nous n’étions donc pas en difficulté bien au contraire, et cela depuis 5 bonnes années de résultats positifs et en croissance. Et là aussi, point besoin d’ "expertise", précise-t-il affirmant que les performances de RAM parlent d’elles-mêmes.

Quant au plan d’accompagnement, en phase de finalisation avec l’État, il intègre plusieurs aspects, notamment de la dette garantie par l’État (CCG) en contrepartie d’une restructuration profonde au vu de la baisse inévitable de la demande et de l’activité, pendant les 3 à 4 prochaines années. "Nous ne pourrons pas maintenir les mêmes niveaux de CAPEX (dépenses d’investissement, NDLR) et d’OPEX (dépenses d’exploitation, NDLR) pendant 3 ans, avec une activité amputée d’au moins 30%. Nous sommes dans la même logique évidente que la plupart des compagnies aériennes mondiales.", assure-t-il

Pour le PDG, RAM demeurera l’un des transporteurs principaux de touristes. À l’en croire, ce secteur va de facto subir une grande contraction de la demande mondiale. "Mais nous serons mobilisés aux côtés du ministère de tutelle et des opérateurs. Nous sommes toujours disposés à offrir un outil dédié et sur mesure, afin d’effectuer les routes nécessaires à la relance touristique.", a-t-il promis.

Concernant la concurrence, il estime avoir démarré ses activités avec du retard après les compagnies concurrentes qui ont affûté tôt leurs armes. "Nous devrons faire preuve de plus d’agilité et de créativité, afin de reprendre de la part de marché très vite et à moindre coût. La digitalisation entamée depuis 2016, devra s’accélérer fortement, avec une refonte complète de nos modes de commercialisation et de gestion.", précise-t-il.

Quant à la polémique sur les prix, le patron de RAM souligne que celle-ci n’aurait jamais dû exister, les prix ayant été plafonnés."Certains se sont amusés à publier des captures d’écran présentant une offre de prix émanant du site RAM, comme étant celle d’un seul passager alors qu’il s’agit en fait de plusieurs voyageurs sous le même dossier de réservation, ou encore d’offres tarifaires en business présentées comme si c’étaient des sièges en économique", désespère t-il. Abdelhamid Addou a par ailleurs rappelé que les prix lors de cette opération spéciale ont été figés, notamment un tarif unique par destination, jusqu’à la fin de l’opération spéciale et de l’état d’urgence sanitaire."

Il n’a également pas occulté la plainte d’autres compagnies étrangères au sujet de l’opération exceptionnelle d’ouverture des frontières marocaines au cours de laquelle, le transport des voyageurs concernés a été confié exclusivement à RAM et Air Arabia. "À mon sens, il ne s’agit nullement d’une ouverture des frontières, mais d’une opération spéciale de rapatriement. Elle se déroule d’ailleurs avec succès, les Marocains bloqués (ou résidant) dans le monde ayant réagi en masse pour organiser leur retour chez eux. Même les conditions jugées contraignantes au départ, telles que l’obligation de se faire tester sur un délai court, ont été gérées efficacement par chaque passager.", confie-t-il .

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