Le premier café social pour les immigrés âgés

- 12h40 - France - Ecrit par :

C’EST LE PREMIER du genre dans la capitale. Un café social vient d’ouvrir dans le Bas-Belleville (XX e ) pour les immigrés âgés venus travailler en France dans les années 60-70, aujourd’hui confrontés aux difficultés de fin d’activité professionnelle et de vieillissement

Ces « chibanis », majoritairement originaires de Tunisie, du Maroc ou d’Algérie, sont près de 25 000 à Paris.
« Par pudeur et dignité, les aînés cachent leurs difficultés » Ainsi Mohamed, 67 ans, arrivé en France en 1957, déjà habitué du Café social. Ancien commerçant, aujourd’hui retraité « avec une petite retraite de 300 € par mois », il cherche un logement et c’est vers ce nouveau lieu qu’il a été dirigé pour recevoir des conseils et « faire ses papiers ». Mogtaa aussi, à 58 ans, est sans toit depuis un an. C’est ici qu’il a fait sa demande. « Ils m’ont écouté et fait mon dossier, raconte-t-il, je viens régulièrement depuis deux mois car, en plus, on peut discuter et boire un verre. » Le Café social est né de la volonté de l’association Ayyem Zamen (Le temps jadis) qui souhaitait répondre aux difficultés rencontrées par cette population. « Nous voulions ne pas oublier nos vieux, explique Faouzia Zouari, la présidente de l’association, et leur donner la place qui leur revient. Et en même temps, visualiser et prendre en charge une carence difficile à prendre en compte, car, par pudeur et dignité, les aînés cachent leurs difficultés. » Bertrand Delanoë a adoré le projet et l’a largement soutenu. Hier, lors de l’inauguration du café, en présence de Michel Charzat, député-maire du XX e , Danièle Hoffman-Rispal, Gisèle Stievenard et Martine Durlach, ses adjointes respectivement aux personnes âgées, à la solidarité et à la politique de la Ville, il a fait un discours chaleureusement applaudi par les « clients » souvent originaires de Tunisie, comme lui. « La France a souhaité que des hommes et des femmes viennent travailler chez nous, et, à l’heure de la retraite bien méritée, je veux que vous sachiez qu’à Paris, comme dans votre bled, vous êtes chez vous. Nous, les Maghrébins, nous avons le respect des anciens. Et ce lieu est un lieu de rencontre intergénérationnel et interculturel contre l’isolement. Je souhaite qu’il fasse des petits. » Bertrand Delanoë a ensuite déclaré qu’« une aussi belle initiative que celle-là devait s’inscrire dans la durée » et que, « si cette année 2003 s’annonçait bien, il fallait pour l’an prochain et les années à venir que l’Etat et la région maintiennent leur engagement comme la Ville s’engage à le faire. » Ce salon de thé convivial propose une permanence sociale d’accueil qui facilite l’accès aux droits (retraite, prestations d’aide sociale, allocation personnalisée d’autonomie...) et aide aux démarches administratives, une permanence d’écrivain public pour la rédaction des courriers administratifs ou personnels, des ateliers santé qui sensibilisent et informent le public sur le diabète, le tabagisme, l’hygiène de vie, un accès Internet, des jeux, des animations, des sorties, des visites et des expositions... Les « clients » sont accueillis par une assistante sociale, une animatrice, un responsable d’équipement et des bénévoles.

Café social, 5-7, rue Pali-Kao (XX e ), accueille le public de 9 à 17 heures du lundi au vendredi (métro Couronnes). 5-7, RUE PALI-KAO (XX e ), HIER. Du thé à la menthe aux démarches administatives en passant par des ateliers santé, l e café social propose aussi des animations, des sorties et des jeux .

Laure Pelé pour le parisien.com

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