Les Marocains devront encore attendre pour voyager moins cher

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Censé alléger les dépenses estivales des ménages, le dispositif des chèques-vacances ne verra pas le jour sous l’actuel gouvernement. Faute d’avancées, ce chantier très attendu par les professionnels est discrètement reporté à la prochaine législature.

Les professionnels impliqués dans la conception de ce système n’ont reçu aucune convocation récente pour finaliser le dossier, et ce malgré l’imminence des congés d’été. Face à ce silence de l’administration, le projet glisse inévitablement vers l’agenda de la prochaine équipe gouvernementale qui sortira des urnes le 23 septembre. Le délai imparti avant la fin de la législature s’avère désormais beaucoup trop court pour mener à bien les indispensables réformes organisationnelles et financières.

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Ce mécanisme n’est pourtant pas une idée récente. Des dispositions figuraient déjà dans la loi de finances rectificative de 2020 pour stimuler les voyages intérieurs. En 2022, la ministre du Tourisme Fatima-Zahra Ammor promettait une collaboration étroite avec les Finances pour déployer ces carnets de paiement. L’ambition affichée visait à réduire le fardeau financier des salariés et inciter les classes moyennes à voyager. Depuis cette annonce, le dossier est resté totalement paralysé sans la moindre clarification gouvernementale.

La concrétisation de cette initiative exige des aménagements fiscaux adéquats, comme l’indique un responsable de la Confédération nationale du tourisme (CNT) auprès du média Hespress. Les entreprises doivent pouvoir contribuer au financement de ces titres de voyage sans subir de nouvelles impositions. Par ailleurs, la stratégie du secteur obéit à une feuille de route stricte composée de dix axes. Le renforcement des liaisons aériennes internes et des infrastructures a logiquement primé avant de pouvoir lancer les aides directes.

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L’enjeu demeure néanmoins crucial pour dynamiser le marché local. Ces chèques permettraient aux employés de choisir librement leurs lieux de villégiature, rompant avec le modèle des traditionnels centres d’estivage publics aux capacités d’accueil souvent limitées. Cependant, au-delà du volet purement financier, l’instauration de ce modèle nécessite un véritable arsenal juridique et une gouvernance transparente. Pour les acteurs du secteur, seule une volonté politique ferme permettra de transformer cette promesse en réalité.