MRE de Belgique : la clinique privée au Maroc peut faire très mal

- 07h00 - Belgique - Ecrit par : Farid Laamoudi

Les Marocains de Belgique qui partent au Maroc peuvent bénéficier d’une protection médicale grâce à la convention bilatérale entre les deux pays. Mais en cas de clinique privée, de soins coûteux ou de rapatriement, la facture peut vite dépasser ce qui sera remboursé.

La convention entre la Belgique et le Maroc rassure de nombreux voyageurs. Elle permet, sous conditions, d’obtenir une prise en charge de certains soins de santé pendant un séjour temporaire au Maroc. Mais cette protection ne doit pas être confondue avec une assurance médicale complète.

Sur Bladi.net : Marocains de Belgique : partir au Maroc sans BM111 peut coûter cher

Le document BM111, à demander à la mutualité belge avant le départ, peut faciliter l’accès aux soins nécessaires pendant le séjour. Il sert à prouver que la personne est couverte par la législation belge et qu’elle peut bénéficier du dispositif prévu entre les deux pays.

Mais ce formulaire ne règle pas tout. Le remboursement se fait selon les tarifs en vigueur au Maroc au moment des soins. Cela signifie qu’un patient peut être remboursé partiellement, mais pas forcément à hauteur de ce qu’il a réellement payé, surtout s’il passe par une clinique privée.

Le SPF Affaires étrangères recommande d’ailleurs une assurance voyage et médicale complète pour le Maroc, avec une clause de rapatriement médical. Cette précision est importante : la convention peut couvrir certains soins, mais elle ne remplace pas une couverture privée adaptée aux frais lourds.

La facture peut tomber très vite

Dans les grandes villes marocaines, des médecins et spécialistes formés en Europe ou en Amérique exercent dans des cliniques et hôpitaux privés. Ces établissements peuvent être recherchés par les MRE, notamment pour la qualité perçue de la prise en charge, la rapidité des examens ou la disponibilité de certains spécialistes.

Mais cette option peut coûter cher. Une consultation spécialisée, une hospitalisation, un scanner, une intervention ou une prise en charge en urgence dans le privé peut entraîner des frais importants. Le patient peut alors devoir avancer l’argent, puis demander un remboursement ensuite.

Hors des principales villes, la situation est différente. Les infrastructures médicales sont moins solides, selon les conseils aux voyageurs belges. En cas de problème grave, un transfert vers une grande ville, voire un rapatriement, peut devenir nécessaire. Or ces frais ne sont pas automatiquement couverts par la convention.

Le piège vient souvent d’une mauvaise lecture du BM111. Ce document concerne les soins nécessaires pendant un séjour temporaire. Il n’est pas fait pour organiser un voyage médical au Maroc. Une personne qui part volontairement pour une opération, un traitement ou une prise en charge programmée ne peut pas utiliser la convention comme une simple assurance de soins privés.

Pour des soins programmés à l’étranger, les règles changent. Dans les pays liés à la Belgique par une convention bilatérale, les soins planifiés ne sont pas remboursés sur la base de cette convention. Une autorisation préalable du médecin-conseil peut être nécessaire pour espérer une prise en charge selon la législation belge.

Les Marocains de Belgique doivent donc distinguer trois situations : l’urgence pendant les vacances, les soins privés choisis sur place et le départ organisé pour se faire soigner. Ces trois cas n’entraînent pas les mêmes droits, ni les mêmes remboursements.

Avant de partir, il vaut mieux vérifier sa couverture auprès de sa mutualité, demander le BM111 si l’on est concerné, conserver les factures et regarder si une assurance voyage complémentaire couvre les frais médicaux élevés, l’hospitalisation privée et le rapatriement.

Sur Bladi.net : Vacances au Maroc pour les Belges : le document à demander avant de partir

La convention Belgique-Maroc reste utile. Elle peut éviter qu’un accident ou une maladie pendant le séjour ne laisse le voyageur sans solution. Mais elle ne protège pas contre toutes les dépenses. Au Maroc, les soins privés peuvent aller vite, et la facture aussi.