Nouveau barrage sanitaire en Europe : quatre produits marocains passent

- 06h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Une nouvelle réglementation européenne sur les antibiotiques vétérinaires entre en application ce jeudi 3 septembre. Le Maroc reste autorisé à exporter quatre familles de produits d’origine animale, tandis que plusieurs autres filières ne figurent pas sur la liste européenne.

Depuis ce jeudi, les animaux d’élevage et certains produits d’origine animale importés dans l’Union européenne doivent respecter les mêmes restrictions que celles imposées aux producteurs européens en matière d’antimicrobiens.

L’objectif est d’empêcher l’entrée sur le marché européen de produits issus d’animaux ayant reçu des antibiotiques pour accélérer leur croissance ou augmenter leur rendement. La mesure concerne également les médicaments antimicrobiens que l’Union européenne souhaite réserver au traitement de certaines infections humaines.

Pour continuer à exporter les produits concernés, les pays tiers devaient fournir à Bruxelles des garanties sur leurs pratiques d’élevage et leurs systèmes de contrôle.

Le Maroc a franchi cette étape, mais seulement pour une partie de ses produits.

Selon la liste publiée par la Commission européenne, le Royaume conserve son accès au marché européen pour quatre grandes filières : la volaille, les produits de l’aquaculture, le miel et les boyaux destinés notamment à l’industrie alimentaire.

Sur Bladi.net : Des anchois venus du Maroc déclenchent une alerte alimentaire en France

Dans le domaine de l’aquaculture, l’autorisation couvre notamment les poissons d’élevage et les produits qui en sont issus. Certains mollusques peuvent également entrer dans l’Union lorsqu’ils répondent aux autres conditions sanitaires européennes.

La pêche sauvage n’est en revanche pas concernée par cette nouvelle réglementation. Les animaux sauvages et les produits qui en sont issus ont été expressément exclus de son champ d’application.

Plusieurs produits marocains absents de la liste

La ligne consacrée au Royaume ne prévoit aucun accès, au titre de cette nouvelle liste, pour les bovins, les ovins et caprins, les porcs ou les chevaux. Le lait, les œufs, les lapins et le gibier d’élevage n’y figurent pas non plus.

Cette absence ne signifie pas nécessairement que des exportations marocaines déjà importantes seront brutalement interrompues. Pour plusieurs de ces catégories, les flux vers l’Europe sont faibles, inexistants ou déjà limités par d’autres règles sanitaires.

Elle montre toutefois que tout nouveau projet d’exportation dans ces filières devra d’abord obtenir la reconnaissance européenne nécessaire.

Pour les quatre catégories autorisées, la présence du Maroc sur la liste ne dispense pas les opérateurs des contrôles habituels. Les cargaisons devront être accompagnées des certificats exigés et garantir que les animaux concernés n’ont pas reçu les antimicrobiens interdits par l’Union européenne.

Les autorités marocaines devront également maintenir un système de contrôle jugé suffisamment fiable par Bruxelles. Une défaillance dans l’application des engagements pourrait conduire l’Europe à suspendre l’autorisation pour une ou plusieurs catégories.

La mesure, détaillée par la Commission européenne, ne constitue pas une alerte alimentaire dirigée contre un produit marocain en particulier. Elle crée une nouvelle condition permanente d’accès au marché européen pour tous les pays situés en dehors de l’Union.

Elle se distingue donc des alertes ponctuelles déclenchées après la découverte d’un contaminant ou d’un problème dans une cargaison, comme celle ayant récemment concerné des anchois venus du Maroc.

Pour les exportateurs marocains de volaille, de produits aquacoles, de miel et de boyaux, l’essentiel est préservé : leurs marchandises peuvent continuer à entrer dans l’Union européenne à partir de ce 3 septembre.