Parti du Maroc sans prêt étudiant, il a transformé ses sacrifices en 138 000 euros
Parti du Maroc à 17 ans sans pouvoir obtenir de prêt étudiant au Royaume-Uni, Ismail El Yacoubi a multiplié les sacrifices pour financer ses études. À 26 ans, son portefeuille d’investissements et de pensions atteint environ 138 000 euros.
Le parcours d’Ismail El Yacoubi commence au Maroc, où il grandit dans une famille dont le père dirige un petit cabinet juridique. La mort soudaine de ce dernier, alors qu’Ismail n’a que 16 ans, bouleverse sa vie et sa relation à l’argent.
Son père ne laisse aucune dette et ses finances sont parfaitement organisées. « Ce fut une période douloureuse, mais elle m’a appris la valeur de l’argent », raconte le jeune Marocain au journal britannique The i Paper.
Un an plus tard, Ismail quitte le Maroc pour étudier l’ingénierie mécanique à l’université Oxford Brookes. N’ayant pas droit au prêt étudiant britannique, il utilise une partie de l’héritage laissé par son père pour régler ses frais de scolarité.
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Pour réduire ses dépenses, il vit d’abord chez des proches à deux heures du campus. Lorsqu’il manque le dernier train, il préfère parfois dormir à la bibliothèque plutôt que payer un taxi. Il devient ensuite gardien de nuit : le poste n’est pas rémunéré, mais lui permet d’occuper un studio pour seulement 50 livres par mois.
Durant ses études, le jeune Marocain travaille aussi comme guide touristique, réceptionniste et assistant événementiel. Lorsqu’il obtient son diplôme, il exerce déjà comme ingénieur et gagne 2 200 livres net par mois. Malgré ses frais universitaires, il est parvenu à économiser 40 000 livres, soit environ 46 000 euros.
Il commence à investir à 22 ans
Ismail El Yacoubi ne laisse pas cette épargne dormir sur un compte bancaire. À 22 ans, il commence à investir afin de protéger son argent contre l’inflation. Son portefeuille atteint aujourd’hui 120 000 livres, l’équivalent d’environ 138 000 euros.
L’essentiel de son argent est placé dans des fonds indiciels diversifiés. Il détient environ 35 000 livres dans un plan de retraite privé, 84 000 livres dans des comptes d’investissement défiscalisés et près de 3 700 livres sur d’autres supports.
Cette stratégie tranche avec les habitudes d’une partie de la diaspora, alors que près d’un dirham sur quatre détenu par les particuliers dans les banques marocaines appartient aux MRE.
Ismail ne souhaite pas dépendre de la pension publique britannique pour ses vieux jours. Son objectif consiste à constituer un capital suffisamment important pour que cette retraite devienne un complément facultatif plutôt qu’une nécessité.
Il ne se précipite pas non plus pour acheter un logement. Installé à Birmingham avec son épouse, il préfère louer et conserver la souplesse offerte par ses placements financiers. Il estime que ne pas devenir propriétaire immédiatement ne signifie pas nécessairement passer à côté d’une occasion.
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En novembre 2025, le Marocain quitte finalement son poste d’ingénieur pour se consacrer à son entreprise d’éducation financière. Son activité, alimentée notamment par ses vidéos, des partenariats commerciaux et des liens d’affiliation, génère entre 5 000 et 10 000 livres par mois. Il se verse pour sa part un revenu mensuel de 2 000 livres.
À 26 ans, il ne prévoit pas forcément de prendre sa retraite à 40 ans. Il cherche surtout à disposer d’une liberté suffisante pour changer de métier, interrompre son activité ou consacrer davantage de temps à sa famille sans craindre immédiatement les conséquences financières.