Le trésor industriel oublié du Sahara marocain

- 06h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Des archéologues ont découvert près d’Akka les vestiges d’un important complexe métallurgique médiéval. À Tamdoult, des artisans produisaient de l’argent, du cuivre et du laiton destinés aux grandes routes commerciales traversant le Sahara.

À une dizaine de kilomètres d’Akka, dans l’Anti-Atlas, les ruines de Tamdoult révèlent une activité industrielle bien plus importante que ne le laissaient penser les textes historiques. Cette ancienne cité transformait plusieurs métaux avant leur commercialisation à travers le Sahara.

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Tamdoult occupait une position stratégique sur la route reliant Sijilmasa, au Maroc, à Audaghost, dans l’actuelle Mauritanie. Les monnaies retrouvées sur place et les datations de matières organiques situent la principale période d’activité du site entre 1233 et 1430.

Selon l’étude publiée dans la revue Historical Metallurgy, les archéologues ont identifié des ateliers, des foyers, des restes de fours et d’importantes accumulations de scories associées au travail du cuivre, du plomb et de l’argent.

La production d’argent nécessitait de fondre un minerai de plomb argentifère, puis de séparer le métal précieux des oxydes de plomb. L’un des vestiges analysés laisse penser qu’une seule opération pouvait produire environ 500 grammes d’argent.

Le métal raffiné était ensuite coulé dans de petits moules en céramique. Plusieurs fragments portent encore des gouttes d’argent, confirmant la fabrication de pièces faciles à stocker et à transporter par les caravanes.

Le laiton, la grande surprise

La découverte la plus inattendue concerne le laiton, un alliage de cuivre et de zinc à l’apparence dorée. Aucun texte ancien ne mentionnait jusqu’ici sa fabrication à Tamdoult.

Les analyses ont pourtant révélé du zinc dans des creusets et des moules à lingots. Les chercheurs en concluent que les artisans chauffaient du cuivre avec du minerai de zinc et du charbon de bois pour produire cet alliage recherché dans le monde islamique médiéval.

Certains minerais étaient acheminés depuis des sites situés à plus de 20 kilomètres. Tamdoult n’était donc pas seulement une ville minière, mais aussi un centre chargé de recevoir, transformer et redistribuer les métaux.

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Ces vestiges font aujourd’hui du site l’un des complexes métallurgiques islamiques les mieux conservés du nord-ouest de l’Afrique. Ils montrent qu’au Moyen Âge, le sud du Maroc abritait déjà une industrie sophistiquée au service du commerce transsaharien.