Bruxelles présente une Union pour la Méditerranée aux ambitions limitées

- 20h24 - Belgique - Ecrit par : L.A

Deux mois avant un sommet à Paris qui lancera solennellement l’Union pour la Méditerranée, la Commission européenne a dévoilé mardi les contours d’un projet qui limitent encore plus les ambitions de la France, déjà très diluées ces derniers mois.

Le président français Nicolas Sarkozy doit inaugurer le 13 juillet en grande pompe cette Union dont il est l’initiateur, censée rapprocher l’Union européenne des pays du sud de la Méditerranée et accélérer leur développement.

Mais beaucoup des idées qu’il avait avancées au départ ne figurent pas dans le projet présenté mardi par la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner.

Le concept initial de Nicolas Sarkozy faisait participer uniquement, côté européen, les pays riverains de la Méditerranée. Mais devant l’opposition de l’Allemagne, il avait déjà dû revoir sa copie début 2008.

La Commission propose elle de rassembler 44 pays riverains de la Méditerranée et de l’Adriatique : les 27 Etats membres de l’UE, les 13 membres et observateurs du "processus de Barcelone" lancé en 1995 par les Européens pour un partenariat avec les pays du sud de la Méditerranée (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Jordanie, Palestine, Israël, Liban, Syrie, Turquie et Albanie), ainsi que la Croatie, la Bosnie, le Monténégro et Monaco.

Au sommet européen de mars, la France avait déjà dû accepter que ce projet se contente essentiellement de redynamiser un processus de Barcelone amorphe. Et qu’il soit rebaptisé "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée", pour refléter cette rentrée dans le rang.

Si la nouvelle Union doit "revigorer notre relation avec la Méditerranée" en lui donnant une "impulsion politique", les objectifs fondateurs du processus de Barcelone — création d’une zone de paix et de stabilité, d’une zone de libre-échange, et rapprochement entre les peuples— restent "valides", a insisté Mme Ferrero-Waldner.

Et si elle a assuré que ses propositions ne constituaient pas "une déclaration de guerre" contre la France, elles écornent malgré tout un peu plus les ambitions françaises, en douchant les espoirs de Nicolas Sarkozy de co-présider la nouvelle organisation les deux premières années.

En tant que président en exercice de l’UE au deuxième semestre 2008, Nicolas Sarkozy aura "la première présidence, pour six mois", a-t-elle souligné.

Mais à partir de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, espérée le 1er janvier 2009, Bruxelles recommande que cette coprésidence soit assurée par le futur président du Conseil de l’UE et le président de la Commission.

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européens, Jean-Pierre Jouyet, a quand même insisté mardi pour qu’un pays "riverain de la Méditerranée" participe à cette coprésidence.

Pour l’autre rive, Bruxelles recommande de laisser le soin aux pays partenaires de désigner l’un des leurs, l’Egypte partant favorite.

Côté financement, la France pourrait aussi être déçue. Bruxelles veut en effet privilégier le recours à des fonds privés, des fonds d’Etats, membres ou non de l’Union, ou encore aux institutions financières internationales, plutôt que les fonds européens.

"Ces projets régionaux ne peuvent être mis en oeuvre au détriment de nos budgets existants", a insisté la commissaire.

Malgré ce recadrage, certains critiquent encore le projet. Comme la députée Verte Hélène Flautre, qui déplore l’absence de "référence explicite" à la démocratisation et aux droits de l’homme.

Source : AFP

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