Rabat estime que l’action espagnole "équivaut à une déclaration de guerre"

- 22h24 - Espagne - Ecrit par :

Le Maroc a saisi mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU et s’est mis en quête de solidarités internationales, notamment auprès du monde arabo-musulman, pour renforcer sa position après l’opération militaire espagnole sur l’îlot Leïla/Perejil.

Résumant les réactions de stupéfaction et de colère exprimées toute la journée de mercredi au Maroc, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Benaïssa, a estimé que l’action militaire de l’Espagne sur l’îlot Leïla/Perejil "équivaut à une déclaration de guerre".

L’intervention des unités espagnoles, qui ont investi l’îlot contesté au petit matin, délogeant les soldats marocains qui y étaient installés depuis le 11 juillet, est un acte "répréhensible contraire à la légalité internationale", a dit le ministre en déplorant que Madrid n’ait pas respecté un accord qui était conclu peu avant l’intervention.

Pour faire valoir ce qu’il considère comme son bon droit, le Maroc a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Organisation de la conférence islamique, la Ligue arabe et plusieurs "pays amis".

Une course au soutien international a paru engagée après que l’Espagne, forte de l’appui de l’Union européenne et de l’Otan, s’est prévalue mercredi de "l’aval de la communauté internationale" pour agir en "légitime défense", selon les termes de son ministre de la Défense Federico Trillo.

Un premier soutien est parvenu au Maroc par la voix du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a exprimé son "profond regret du recours à la force" dans la crise de l’îlot Leïla et appelé l’Espagne à retirer ses forces et à entamer des négociations urgentes avec le Maroc.

"Les concentrations militaires ne servent pas les intérêts des deux pays voisins, l’Espagne et le Maroc", a ajouté Amr Moussa, dans un communiqué reçu par l’AFP.

Le soutien du monde islamique a également été formulé par l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui a, elle aussi, appelé l’Espagne à retirer ses forces militaires de "l’îlot marocain".

Dans un communiqué publié à Djeddah, siège de l’OCI, l’organisation panislamique a condamné "l’intervention militaire espagnole" dans l’îlot.

Plusieurs pays ou organisations se sont abstenus de prendre partie et ont offert leurs bons offices pour rechercher une solution négociée au conflit.

Ainsi la Commission européenne, revenant sur une attitude de solidarité intransigeante en faveur de l’Espagne, s’est déclaré disposée à "faciliter le dialogue" entre les deux pays. "La Commission accorde une grande importance aux relations entre l’Union européenne et le Maroc", a assuré le président de la Commission, Romano Prodi.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a exprimé de son côté sa disposition à offrir ses bons offices au Maroc et à l’Espagne, s’ils le souhaitent. "Le secrétaire général, selon la déclaration lue par un porte-parole, regrette les actions unilatérales qui ont déjà été prises" et entretient le contact "avec les dirigeants des deux côtés".

Pour rallier à leur cause l’opinion internationale, les autorités marocaines ont exposé à la presse, et par le détail, la teneur d’un accord de compromis que l’Espagne aurait conclu Rabat avant de se lancer à l’attaque du rocher contesté.

Cet accord, conclu mardi soir dans la nuit même de l’intervention militaire, portait sur un retrait "conditionnel" des soldats marocains de l’îlot Leïla/Perejil, après une médiation des Etats-Unis.

Le Maroc aurait accepté de retirer le détachement de soldats installés sur l’îlot "à la condition" d’avoir une "garantie expresse" que l’Espagne ne "foulerait jamais le sol de cette île". Cette condition, a assuré M. Benaïssa, "a été acceptée" par l’Espagne, mais n’a pas empêché le déclenchement de l’opération militaire.

M. Benaïssa a affirmé, à plusieurs reprises au cours de la journée, la priorité qu’il réservait "au dialogue" comme "meilleure voie pour aplanir les conflits". "Nous ne voulons pas être entraînés dans une militarisation de la crise", a-t-il souligné.

Source : AFP

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