Ilot Leila : Le Maroc fait une concession

- 14h05 - Espagne - Ecrit par :

Le Maroc a donné vendredi l’assurance qu’il ne reviendrait pas sur l’îlot méditerranéen contesté de Perejil après un retrait espagnol, répondant ainsi à l’exigence essentielle de l’Espagne pour sortir de la crise.

Dans des déclarations à la radio madrilène Cadena SER, le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Benaïssa, a fait une concession majeure, selon les analystes, en affirmant que son pays "n’a aucune intention de revenir sur l’île lorsque les troupes espagnoles l’abandonneront". Le ministre a souligné que ses déclarations engageaient le gouvernement marocain en déclarant : "Je crois que quand un ministre parle et s’engage, ses déclarations sont officielles". Il a ajouté que lorsque les soldats espagnols auront quitté l’îlot, appelé Leila au Maroc, "nous commencerons alors à dialoguer".

Le gouvernement espagnol, qui doit tenir sa réunion hebdomadaire vendredi en début d’après-midi, n’avait pas encore réagi vendredi matin, mais la ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio, avait déclaré jeudi que l’Espagne était prête à retirer les 75 légionnaires qui contrôlent l’îlot rocailleux et inhabité, s’il y a un engagement "catégorique et sans ambiguïté" de la part de Rabat à revenir à la situation d’avant le 11 juillet.

L’Espagne estime que Perejil, situé à 200 mètres des côtes marocaines, bénéficie depuis 40 ans d’un "statut accepté par le Maroc et l’Espagne aux termes duquel ni le gouvernement espagnol, ni le gouvernement marocain n’occupera l’île". Elle accuse le Maroc d’avoir unilatéralement rompu ce statut en envoyant une douzaine de gendarmes sur l’île, le 11 juillet.

En déclarant que le Maroc ne reviendrait pas sur l’îlot contesté lorsque les troupes espagnoles l’auront abandonné, Mohamed Benaïssa, a paru accepter implicitement de renoncer à la revendication de pleine souveraineté de son pays sur ce rocher. Cette annonce constitue une concession majeure dans la mesure où le Maroc a fondé l’essentiel de son argumentation, depuis le début de la crise, sur la "marocanité" de l’îlot.

Les propos du ministre marocain dégagent la voie à une solution diplomatique de la crise, car depuis l’installation d’une douzaine de gendarmes marocains sur Perejil, le 11 juillet, puis la prise de l’îlot lors d’un raid espagnol, mercredi, chaque camp avançait des conditions préalables pour accepter de s’asseoir autour d’une table : les Espagnols demandaient la garantie que le Maroc ne reviendrait pas sur l’îlot après leur départ, et les Marocains exigeaient un retrait espagnol avant toute discussion.

Les propos de Mohamed Benaïssa sont intervenus le jour même où il doit se rendre à Paris, puis à Bruxelles, pour expliquer la position du Maroc dans la crise qui l’oppose à l’Espagne. La date de la visite de M. Benaïssa à Bruxelles, où il doit s’entretenir avec des responsables de l’Union européenne (UE), n’a pas été communiquée. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne tiendront lundi une réunion à Bruxelles au cours de laquelle Ana Palacio doit aborder la crise hispano-marocaine. Les autorités marocaines ont déploré, à plusieurs reprises, le soutien très ferme apporté par l’Union européenne à l’Espagne dans la crise actuelle.

Le déblocage apparent de la crise fait suite aux efforts déployés par les Etats-Unis pour une solution pacifique. Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell avait appelé jeudi Ana Palacio et s’était également entretenu avec le roi Mohammed VI du Maroc par téléphone. Rabat et Madrid doivent "résoudre pacifiquement" leur différend, a déclaré à la presse à Washington, le porte-parole du département d’Etat Richard Boucher. "Il faut qu’ils reviennent à un statu quo et engagent un dialogue qui permette la résolution de ces questions", a-t-il poursuivi.

Dans la journée de jeudi, l’Arabie saoudite et l’Etat des Emirats Arabes Unis avaient apporté leur soutien au Maroc. Ryad avait ainsi déclaré que "l’Arabie saoudite se tient aux côtés du royaume marocain afin qu’il recouvre et sauvegarde son territoire national".

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