Abdelghani Krija : percussionniste de Sting

- 10h55 - Maroc - Ecrit par :

Ca saute aux yeux, il n’en revient toujours pas ! Comme un gosse à qui on aurait fait un cadeau auquel il ne s’attendait pas et qui racontera quand et comment il a eu son cadeau, de la même manière, cent fois, mille fois, pour se convaincre lui-même que non, ce n’est pas un rêve.

Pour son 31e anniversaire, Abdelghani Krija a eu le plus beau cadeau qu’un musicien pouvait avoir : "Allo, vous êtes Rhani Krija ? Je suis Kipper, le producteur de Sting. Pourriez-vous venir à Paris participer à l’enregistrement de l’album de Sting ? Nous avons besoin d’un percussionniste". Imaginez juste un peu la tête du bonhomme après avoir raccroché ! Et ce n’était là encore que le début de l’histoire.

C’est très jeune que Abdelghani Krija, natif d’Essaouira mais "ould l’Mâarif", commencera à tapoter d’abord sur tout ce qu’il peut, puis plus tard, sur une derbouka, instrument qui ne le quittera pas pendant longtemps. Plus tard, pour ne pas perdre la main et se faire un peu d’argent de poche, il ne ratera alors aucune occasion pour jouer : mariages, cabarets, même si à l’époque "la musique orientale avait fait pas mal de dégâts". Son bac ès technique en poche, il paye lui-même ses cours d’allemand. Son objectif, poursuivre ses études en Allemagne et c’est à Aachen qu’il atterrira en 1992, dans une école d’électrotechnique, emportant avec lui son amour inconditionnel des rythmes de son pays et une féroce volonté de continuer à en jouer. La première rencontre sera la bonne. Ce sera celle qu’il aura avec Jamal Laroussi, à l’époque jeune musicien algérien en préparation d’un diplôme dans une école de jazz : "Jamal, pour son examen de fin d’année, devait constituer un groupe et jouer une musique de sa propre composition.

L’examen passé, Jamal maintiendra le groupe qu’il appellera North African Rythm Project". À partir de là, tout devient clair dans la tête de Abdelghani, devenu Rhani, "parce que pour les Occidentaux, Abdelghani est imprononçable" : pourquoi persister à être ingénieur alors qu’il avait tout pour être musicien, c’est-à-dire le désir et le talent ? Rhani se consacre alors à perfectionner "le don" qu’il avait : "Je n’avais pas de boulot, mais je m’enfermais huit heures par jour avec mes percussions".

Tout ira alors très vite : des écoles font appel à lui pour donner des cours, il rejoint plusieurs groupes de jazz et de world music pour des petites tournées en Europe et sa maîtrise des instruments le fait entrer dans le cercle des musiciens les plus demandés pour des enregistrements en studio. Jusqu’au fameux appel téléphonique, en février de l’année dernière : "Sting préparait son dernier album ’Sacred Love’ et avait besoin d’un percussionniste. Son batteur, Manu Katché, contactera un journaliste à Paris pour lui demander s’il en connaissait un". Le journaliste, lui, appellera devinez qui ? Jamal Laroussi, devenu musicien de world music de renommée. Et à Jamal Laroussi, resté en contact avec Rhani, de donner le numéro de téléphone de celui-ci. Rhani loue une grande voiture et emporte tous ses instruments direction Paris, où se fera l’enregistrement : "Imaginez dans quel état j’étais quand pour la première fois, j’allais voir arriver Sting au studio, me faire un signe de la main : ’Salamou aâlikoum Rhani’. Pendant les neuf morceaux sur lesquels j’allais jouer, ma vie défilait devant moi". Rhani accompagnera alors tout le groupe pour la promotion de Sacred Love à travers le monde, tournera un clip avec le musicien - "quelle fut ma surprise quand j’ai fait la connaissance de la réalisatrice, une Marocaine, Sanaâ Hamri, installée aux États-Unis et qui a conçu les clips de grands artistes comme Prince ou Mariah Carey" -, jouera avec l’artiste aux Grammy Awards et serrera la main des plus grandes stars de la musique et du cinéma américains. Le jackpot, ce sera la suite : le producteur propose à Rhani, en janvier 2004, de faire partie du World Tour de Sting. Deux ans de tournée qui le mèneront sur les 5 continents, auprès de l’un des plus grands musiciens au monde et à chaque concert l’entendre dire au public en le présentant : "Rhani from Morocco !", sa plus grande fierté.

Chapeau bas, l’artiste.

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